Et si les maladies cardiovasculaires n’étaient pas dues au cholestérol ?

Paul Ridker, vous connaissez ? Mais si, c’est le principal instigateur de la très controversée étude « JUPITER » et, en outre, celui qui est plus que grassement rémunéré par tous les labos de la planète produisant des statines afin de promouvoir celles-ci. Eh bien ce monsieur nous revient avec une nouvelle étude (CANTOS) chargé de démontrer que les maladies cardiovasculaires sont dues, non pas à un taux de cholestérol élevé, mais à un état inflammatoire.

Allons bon, voilà qui va à contre-courant des dogmes établis. Mais où va-t-on, ma bonne dame, si l’on commence à remettre en cause une certitude établie (par les labos pharmaceutiques à grands coups de milliards de $…) depuis si longtemps…

Pour en revenir à cette étude CANTOS, nous n’épiloguerons pas sur la double modification du protocole en cours de route, ni sur des résultats peu concluants, ni encore sur le fait que l’étude est basée sur des patients sur lesquels il a été constaté un niveau élevé de protéine C-reactive (test dont P. Ridker détient d’ailleurs le brevet…) et dont le niveau de prédiction des maladies cardiovasculaires est plutôt controversé, pour s’attarder sur les effets secondaires  : je cite :« La neutropénie (trouble hématologique caractérisé par un taux bas de granulocytes [ou polynucléaires] neutrophiles dans le sang) était plus fréquente chez les patients à qui l’on avait attribué le Canakinumab que chez ceux du groupe placebo, et les décès attribuables à l’infection ou à la septicémie étaient significativement plus nombreux dans les groupes Canakinumab regroupés que dans le groupe placebo. »,  « La thrombocytopénie (diminution du nombre de plaquettes sanguines en dessous du seuil de 150 000 plaquettes par millimètre cube ou une diminution de 50 % par rapport au niveau de référence) était plus fréquente chez les patients à qui l’on avait assigné le Canakinumab que chez ceux du groupe placebo » et pour terminer « Nous avons constaté une incidence significativement plus élevée d’infections fatales et de septicémies avec le Canakinumab qu’avec le placebo, ainsi qu’une réduction du nombre de plaquettes sans augmentation du risque de saignement. ». Quant à la réduction des cancers observée dans le groupe Canakinumab, je cite une analyse parue dans Medscape : « la réduction relative de 51% des décès par cancer se traduit par 0,33% en termes absolus ». Pas de quoi en tirer des conclusions formelles !

Donc légèrement moins d’évènements cardiovasculaire mais plus de décès par infection…

Rassurons-nous, ce produit n’est pas pris d’être mis sur le marché (et d’après Paul Ridker lui-même, il le serait à un prix faramineux…). Ouf, on l’a échappé belle, manquerais plus qu’on nous supprime les statines sous le prétexte que la réduction du cholestérol ne sert à rien…

NEJM : Antiinflammatory Therapy with Canakinumab for Atherosclerotic Disease

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