De plus en plus, nouveau ne signifie pas forcément meilleur…

J’en suis arrivé à lire pas mal d’études cliniques sur tout ce qui tourne autour des statines et autres cochonneries du même genre et cela fait plusieurs fois je remarque un terme qui revient régulièrement dans beaucoup d’études.

En effet, de plus en plus d’études récentes ne testent plus la supériorité d’un nouveau médicament par rapport à un autre, mais sa « non-infériorité ». J’espère que vous saisissez bien la nuance…

Donc les labos sortent un nouveau produit, les essais cliniques démontrent qu’il n’est absolument pas plus efficace que l’ancien (mais bien souvent qu’il a plus d’effets secondaire !) et tout le monde s’auto-congratule de sa « non-infériorité ». Ce qui va permettre à la HAS de délivrer son AMM et de laisser mettre sur le marché à un prix prohibitif un médicament qui n’apporte rien de plus que l’ancien médicament de référence (vendu beaucoup moins cher…).

Et comme le monde médical aime bien les nouveautés (surtout si elles rapportent beaucoup plus d’argent aux labos…), tout le monde le prescrit à tour de bras (ce n’est pas grave, il est « non-inférieur »…) et pendant ce temps-là, la sécu rembourse imperturbablement !

Imaginez un peu l’achat d’un téléviseur :

  • Bonjour, je voudrais un téléviseur « Debase » modèle 2000
  • Oui, mais nous pouvons vous proposer pour 2 fois plus cher le modèle « Arnake » modèle 2017
  • À ce prix, il doit être plus performant ?
  • Euh, non. Il est « non-inférieur »
  • ??? Mais s’il est plus cher, c’est qu’il est mieux, ou plus performant ?
  • Mais puisque je vous dis qu’il est « non-inférieur ». Il n’a rien de plus que l’autre, il n’est pas plus performant, il ne fait rien de plus que l’autre.
  • Mais il est vendu 2 fois plus cher !
  • Oui, mais il est recommandé par les hautes instances audiovisuelles. Et puis vous n’allez pas m’apprendre mon métier ! Je vous dis que c’est celui-là qu’il faut acheter, il est « non-inférieur » !

Bref, vous l’avez compris, les labos pharmaceutiques et toutes les instances médicales, avec la bénédiction du gouvernement, prennent les patients pour des imbéciles et la sécu pour une vache à lait !

La Haute Autorité de Santé (HAS) à sorti son nouveau guide « Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge »

Et vous savez quoi ? À part le nom qui à changé (le cholestérol étant fortement sujet à polémiques, on parle maintenant de dyslipidemie…), rien de nouveau sous le soleil…
Je résume : un taux de cholestérol LDL de plus en plus bas et des prescriptions de statines élargies et en augmentations !
Bref, ce document n’est qu’un document publicitaire au service des labos pharmaceutique et faisant l’apologie d’une utilisation accrue des statines…
Mais le point où l’on atteint vraiment le summum de l’acharnement dans la connerie est le chapitre dans lequel le document propose, si les objectifs de baisse du cholestérol LDL ne sont pas atteints, de complémenter le traitement avec de l’ézétimibe, des fibrates ou encore de la niacine. D’autant plus curieux que cette même HAS, dans son GUIDE DU PARCOURS DE SOINS Maladie coronarienne stable, émis en septembre 2014 et réactualisé en juillet 2015, a reconnu elle-même que ces produits n’ont strictement aucune efficacité. Je cite : Les autres traitements (fibrates, résines, acide nicotinique, ézétimibe) peuvent réduire le cholestérol LDL, mais aucun avantage lié à ces alternatives n’a été montré en termes de prévention secondaire des complications de l’athérosclérose.
La base Base de données publique Transparence Santé étant en maintenance depuis plusieurs jours, je n’ai pu examiner les conflits d’intérêts des principaux instigateurs de ce rapport mais de toute façon, on peut allègrement en conclure que les lobbies pharmaceutiques ont bien fait leur travail….
HAS : Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge
FORMINDEP : Conflits d’intérêts : La mauvaise graisse de la HAS

La FDA a enfin retiré son approbation pour la niacine à libération prolongée (Niaspan) et l’acide fénofibrique (Trilipix) dans le traitement des maladies cardiovasculaires

Citant un manque de bénéfice cardiovasculaire, la FDA a prise l’initiative inhabituelle de retirer les approbations qu’elle avait précédemment données pour leur utilisation combinée avec des statines pour traiter un cholestérol élevé.
La décision affecte la niacine à libération prolongée (Niaspan, AbbVie) et de l’acide fénofibrique (Trilipix, AbbVie), ainsi que AbbVie Advicor et Simcor (combinant la niacine avec une statine).
Sur la base de plusieurs grands essais sur les maladies cardiovasculaires, y compris AIM-HIGH, ACCORD et HPS2-THRIVE, la FDA a décidé que « les preuves scientifiques ne supportent plus la conclusion que la réduction induite par ces médicaments dans les niveaux de triglycérides et / ou une augmentation dans le taux de HDL-cholestérol chez patients traités aux statines se traduisent par une réduction du risque d’événements cardiovasculaires. »
Conformément à cette conclusion, la FDA a déterminé que les avantages des comprimés de niacine ER et des capsules d’acide fénofibrique [libération retardée] pour coadministration avec des statines ne l’emportent plus sur les risques et les approbations pour cette indication doivent être retirée.
Le même raisonnement a été utilisé pour retirer son approbation de l’Advicor (niacine à libération prolongée / lovastatine) et Simcor (niacine à libération prolongée / simvastatine).
Note : La HAS (Haute Autorité de Santé) avait déjà signalé le manque d’efficacité de ces produits dans son GUIDE DU PARCOURS DE SOINS Maladie coronarienne stable, émis en septembre 2014 et réactualisé en juillet 2015, reconnaîssant elle-même que ces produits n’ont strictement aucune efficacité : « Les autres traitements (fibrates, résines, acide nicotinique, ézétimibe) peuvent réduire le cholestérol LDL, mais aucun avantage lié à ces alternatives n’a été montré en termes de prévention secondaire des complications de l’athérosclérose. »
Medscape (accès libre sur inscription) : FDA Pulls Approval of Niacin, Fibrate in Combo with Statins

Sports d’hivers et nomination de Mme Agnès Buzyn à la direction de la HAS

Oui, je sais, les deux événements n’ont rien à voir…
Donc, je viens de rentrer d’une semaine de ski intensif et vous savez quoi ? Pas la moindre douleur musculaire, pas la moindre courbature… Ah oui, je ne prends pas de statines…
Sinon Mme Agnès Buzyn vient d’être nommé à la direction de la HAS (Haute Autorité de Santé). Je le dis tout de suite : je n’ai rien contre cette dame que je ne connais pas et dont je me garderai de tout jugement sur ses compétences médicales. Mais qu’une personne nommée à la tête de de la HAS qui est, je le rappelle, une « autorité publique indépendante » , se permette de sortir (je cite) : L’industrie pharmaceutique joue son rôle, et je n’ai jamais crié avec les loups sur cette industrie. Il faut expliquer que vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts… semble des plus inquiétant quand à l’avenir de l’indépendance de cette institution.
Si le prix Nobel de l’hypocrisie existait, je ne doute pas que cette dame serait en bonne place pour l’obtenir… Pensez donc, plein de scientifiques grassement rémunérés par les labos qui vont décider (entre autre) des autorisations de mise sur le marché des médicaments et ceci en toute indépendance.

  1. Ce serait bien que l’on arrête de prendre les gens pour des abrutis !
  2. Ça va être open-bar pour les industries pharmaceutiques !

La HAS confirme l’inefficacité des fibrates, résines, acide nicotinique et ézétimibe à réduire les maladies cardiovasculaires

Dans la mise à jour de juillet 2015 de son document « GUIDE DU PARCOURS DE SOINS Maladie coronarienne stable », la HAS confirme sa position concernant ces produits : « Les autres traitements (fibrates, résines, acide nicotinique, ézétimibe) peuvent réduire le cholestérol LDL, mais aucun avantage n’a été montré pour ces alternatives en terme de prévention secondaire des complications de l’athérosclérose. »
HAS – GUIDE DU PARCOURS DE SOINS Maladie coronarienne stable (page 31)