La levure de riz rouge et autres fumisteries du même genre
(que l'on vous vend très cher, en plus...)down

La levure de riz rouge

La levure de riz rouge (Monascus purpureus) est un type de champignon microscopique cultivé sur du riz. Elle contient un pigment possédant une teinte rouge prononcée. C’est donc la levure qui est rouge et non le riz. Une des premières statines (la lovastatine) était d'ailleurs extraite de la levure de riz rouge et partageait donc le même principe actif (monacoline K).

La levure de riz rouge est donc une statine ?

Tout à fait. Elle en a le même principe, mais aussi les mêmes inconvénients et les mêmes effets secondaires...Tout dépend du dosage en monacoline k.
La revue Que choisir a testé dix références de levure de riz rouge vendue en pharmacie, parapharmacie et Internet[1] et leurs conclusions sont intéressantes : huit produits sur dix présentent des teneurs parfois infinitésimales en monacoline K, la moyenne de ces produits atteignant à peine le tiers de la dose minimale requise par l'AESA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) concernant les produits hypocholestérolémiants, soit 10mg/j.

Oui, mais c'est une statine naturelle... :

Certes !
Mais à ceci je rétorquerai que le curare et l'anamite phaloïde sont, eux aussi, des produits naturels...

Et elle a donc les mêmes effets secondaires que les statines :

La revue « Prescrire », reconnue pour son indépendance, déconseille aussi fortement la levure de riz rouge, suite à des effets indésirables semblables à ceux observés avec les statines[2].
Même la très officielle ANSES s'est fendue d'un communiqué[3] déconseillant fortement l'utilisation de ce produit, l'agence ayant reçu plusieurs signalements bien documentés d’effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la levure de riz rouge.
C'est à dire : Soit les mêmes effets secondaires que les statines. Après on peut légitimement s'interroger sur la pertinence d'un tel communiqué qui juge dangereux les effets secondaires de la levure de riz rouge alors que ceux des statines ne sont que très peu évoqués...

Certains pays interdisent même la commercialisation de la levure de riz rouge :

En 2014, en Suisse, les autorités de santé ont jugé que la commercialisation des "compléments alimentaires" à base de levure de riz rouge était illicite et en 2016, le Conseil supérieur de la santé belge a recommandé l'interdiction de la commercialisation des "compléments alimentaires" à base de levure de riz rouge[4].

En conclusion :

Soit la levure de riz rouge est faiblement dosée en monacoline K et elle est inefficace, soit elle est fortement dosée et ses effets secondaires sont similaires aux statines. Donc si vous souhaitez à tout prix faire baisser votre cholestérol, la levure de riz rouge ne montre aucun avantage par rapport aux statines. Prenez plutôt ces dernières, au moins vous serez sûr du dosage et elles vous seront remboursées...

Les produits anti-cholestérol :

Là, ce n'est même plus de l'arnaque, c'est carrément de l'escroquerie...
Je veux parler de ces produits (Pro-activ, Danacol, Bénécol, Salvékol, Cholegram, etc.) enrichis en stérols ou phytostérols, vendus à prix d'or par les industries agroalimentaires et qui ne sont qu'une vaste fumisterie destinée à faire un maximum de profit pour une efficacité qui n'a jamais été confirmé par la moindre étude clinique !
En effet, à petite dose, ces compléments n'influeront pratiquement pas sur les 30% de cholestérol fournis par l'alimentation. Par contre, à forte dose, on peut arriver à des doses de phytostérols dépassant les 2 grammes par jour alors qu'une alimentation normale nous en apporte environ 300 mg, ce qui s'apparente à une dose médicamenteuse. Et l'on retrouve alors les effets délétères des statines avec même, en plus, un risque accru de maladies cardiovasculaires[5]. Ce qui est le comble pour un produit sensé les réduire...
Ces produits ont d'ailleurs fait l'objet d'un communiqué en 2005 de la part de la revue Prescrire concernant leur inutilité et leur dangerosité[6], ce qu'a confirmée l'ANSES dans un communiqué paru en 2014[7]...
Il est à noter que ces compléments sont d'ailleurs fortement déconseillés par le fabriquant aux femmes enceintes et aux femmes qui allaitent, ainsi qu’aux enfants de moins de 5 ans[8].

Les régimes pauvres en graisses (saturées et autres)

Encore une hérésie ! Le danger réside dans le remplacement des graisses saturées par des hydrates de carbone. Avec un régime alimentaire riche en glucides, vous réduisez votre taux de cholestérol total et votre taux de cholestérol LDL mais il y a de nombreux effets néfastes sur d'autres lipides sanguins : vous diminuez aussi votre taux de cholestérol HDL et d’apoA , augmentez votre rapport cholestérol total / HDL et votre apolipoprotéine B ( ce qui augmente le rapport apo B / apoA, indicateur néfaste pour les maladies cardiovasculaires) et vous augmentez aussi votre taux de triglycérides[9].

Les régimes pauvres en sodium

Une réduction de la consommation de sodium ne doit être préconisée que chez les hypertendus chez lesquels la consommation de sodium est excessive. En effet, une consommation élevée de sodium, plus de 7 g par jour, comparée à une consommation moindre, 4 g par jour, augmente le risque d'accidents cardio-vasculaires et de mortalité chez les hypertendus, mais non chez les normotendus. A contrario, une faible consommation de sodium augmente le risque d'accidents cardio-vasculaires et de mortalité chez les hypertendus mais aussi chez les normotendus[10].

Les régimes hypocaloriques

Une étude fait un point complet sur l'inutilité et les dangers de ces régimes restrictifs en calories[11] :
Les interventions de perte de poids sont rarement durables, les études de suivi à long terme révèlent que la majorité des individus ont retrouvé la quasi-totalité du poids perdu pendant le traitement, et ce même s'ils maintiennent leur régime alimentaire ou l'exercice prévu au programme. En outre, la perte de poids rapide suivi d'une tout aussi rapide reprise du poids perdu qui peut se produire à partir de régimes à la mode est en fait préjudiciable à la santé. Une telle succession de perte/reprise de poids contribue à l'hypertension, à la résistance à l'insuline et à la dyslipidémie entraînant un risque accru de mortalité et d'événements cardiovasculaires.
L'essai clinique AHEAD (Action pour la santé dans le diabète) a conclu à aucune réduction du critère composite (décès d'origine cardiovasculaire, infarctus du myocarde non fatal, AVC non fatal ou hospitalisation pour angor) avec un régime alimentaire faible en calories (avec une activité physique accrue) chez des patients avec diabète de type 2, malgré un suivi maximum de 13,5 ans, et malgré la perte de poids significative le groupe d'intervention.
On peut aussi noter que l'industrie de la perte de poids, qui met l'accent sur la restriction calorique, génère environ 58 milliards $ en revenus chaque année aux États-Unis...

Et pour finir : les régimes sans (ou pauvres) en cholestérol

Encore une idée fausse !
Le cholestérol étant produit majoritairement par le fois (environ 70%), le reste (environ 30%) est donc apporté par l'alimentation et il est prouvé que quel que soit le taux de cholestérol absorbé par les aliments, celui-ci n'aura aucune incidence sur votre taux de cholestérol sanguin. Ce qui veut dire que vous mangiez régulièrement une bonne omelette ou au contraire jamais d'œufs n'aura strictement aucune influence sur votre taux de cholestérol sanguin[12]... Ce n'est pas moi qui l'ai inventé, ça vient du très sérieux Office of Disease Prevention and Health Promotion qui est chargé d'édicter les recommandations nutritionnelles pour les États-Unis : Auparavant, les «Dietary Guidelines for Americans» recommandaient à ce que l'apport de cholestérol soit limitée à pas plus de 300 mg / jour. En 2015, les DGAC cessent cette recommandation car les preuves disponibles ne montrent pas de relation notable entre la consommation de cholestérol alimentaire et le cholestérol sérique, en cohérence avec les conclusions de l'«AHA / ACC report». Le Cholesterol n'est donc pas un élément nutritif dont la surconsommation soit préoccupante.