Les inhibiteurs de PSCK9 qui n’ont toujours pas prouvé une quelconque efficacité versus un cholestérol élevé qui sauve des vies !

Je viens de faire une revue de tous les essais cliniques sur les inhibiteurs de PSCK9.
Toutes ces études ayant pour but de démontrer que ces derniers font fortement baisser le cholestérol, il n’est fait aucune évocation d’une quelconque réduction des maladies cardiovasculaires; même pour l’étude « ODYSSEY COMBO II » qui a pourtant durée 2 ans. Il faut se souvenir que l’étude JUPITER a été arrêtée prématurément au bout de seulement 19 mois, les résultats de celle-ci dépassant (soi-disant… avec 0,04% de réduction annuelle de la mortalité…) les prévisions les plus optimistes. Par contre, on peut éventuellement noter entre 70 et 80% des patients de tous les groupes qui ont ressenti des effets secondaires indésirables…
Bref, toujours aucuns résultats probants concernant la réduction des MCV à ce jour. AMGEN vient de publier un communiqué spécifiant que les résultats de son essais clinique FOURIER seront disponibles lors de la 66ᵉ session de l’American College of Cardiology (ACC) qui aura lieu le 17 mars 2017. De quoi faire monter la pression d’ici là (ainsi que les actions AMGEN ???)
Donc les inhibiteurs de la PCSK9 font fortement baisser le cholestérol LDL, beaucoup plus qu’avec statines + ezetimibes. Ce à un point tel qu’en mélangeant les 3 produits (anti-PCSK9 + statines + ezetimibe, bravo le cocktail !), on peut arriver à des taux de LDL-C inférieurs à 0,25g/l de LDL-C. Le communiqué d’AMGEN à ce sujet n’est pas des plus rassurants : Bien que les conséquences néfastes des LDL-C très faibles n’aient pas été identifiées dans ces essais, les effets à long terme de niveaux très bas de C-LDL induite par Repatha ® sont inconnus. Inquiétant, tout de même, de savoir que l’on va inonder le marché d’un produit dont personne ne sait évaluer les conséquences à long terme !
Ces produits font donc fortement baisser le LDL-C mais nulle part je n’ai trouvé trace du niveau de cholestérol total atteint lors de ces études (vous allez voir où je veux en venir…) mais si je fais référence à la méthode de Friedewald servant à calculer le taux de cholestérol LDL (LDL-cholestérol = cholestérol total – HDL-cholestérol – triglycérides/2,2), logiquement si on fait baisser le cholestérol LDL, le taux cholestérol total doit baisser lui aussi.
Si je me réfère à l’étude Plasma cholesterol, coronary heart disease, and cancer in the Renfrew and Paisley survey qui s’est étendue sur une durée de 10 années, mais surtout au magnifique graphique ci-dessous qui la résume :

Mort / lOOO années-patient par rapport aux valeurs de cholestérol plasmatique après ajustement pour l’âge, l’indice de masse corporelle, la tension artérielle diastolique, le tabagisme et la classe sociale.
La ligne pointillée (0—0) représente les décès dus à une cardiopathie coronarienne ajustée pour l’âge seulement; un ajustement supplémentaire pour l’indice de masse corporelle, la pression diastolique, le tabagisme et la classe sociale n’a eu que peu d’effet. Le meilleur ajustement pour chaque pente est linéaire par analyse de régression logistique, sauf pour toutes les causes de mortalité chez les femmes, qui était curvilinéaire.
«Valeurs P» se rapportent aux tendances sur les cinquièmes des concentrations plasmatiques de cholestérol.

Même si l’augmentation de la mortalité cardiovasculaire est corrélée avec celle du cholestérol, on peut constater que globalement la mortalité toute cause diminue avec un taux de cholestérol un peu élevé, et reste stable même avec un taux de cholestérol franchement élevé (pour info : 6,6mmol = 2,55 g/l et 7,3 = 2,78 g/l), sauf pour les femmes mais à partir d’un seuil beaucoup plus élevé. Le taux idéal se situant (si l’on se réfère à la mortalité globale, la plus intéressante…) approximativement entre 5,6 et 6,6 mmol (2,16 et 2,55 g/l) pour un homme et à 7,2 mmol (2,78 g/l) pour une femme.
Par contre, si l’on regarde la progression de la courbe vers la gauche, on n’ose imaginer ce que peut donner la progression de cette même courbe en fonction des taux de cholestérol largement inférieurs à 5 mmol tels que ceux atteint grâce aux nouveaux médicaments hypocholestérolémiants (inhibiteurs de la PCSK9) !
Il faut aussi savoir que cette étude s’est étendue sur une duré de 10ans, soit beaucoup plus que la plupart des études qui ne durent qu’entre 6 mois et 2/3 ans. Sachant qu’un cancer met parfois plusieurs décennies à se développer, il est évident que la plupart des études préalables à la mise sur le marché d’un nouveau médicament ne détecteront rien du tout…
Quant à pouvoir prouver d’ici 15 ou 20 ans les effets délétères de cette baisse contre-nature du cholestérol, je ne doute pas que la pléthore d’avocats (fortement rémunérés…) d’AMGEN auront à cœur de démontrer qu’il n’y a strictement aucune relation et que leur produit n’est absolument pas concerné…
Et puis, pour continuer dans le cynisme, on à jamais vu un mort se constituer partie civile lors d’un procès !

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