La Haute Autorité de Santé (HAS) à sorti son nouveau guide « Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge »

Et vous savez quoi ? À part le nom qui à changé (le cholestérol étant fortement sujet à polémiques, on parle maintenant de dyslipidemie…), rien de nouveau sous le soleil…
Je résume : un taux de cholestérol LDL de plus en plus bas et des prescriptions de statines élargies et en augmentations !
Bref, ce document n’est qu’un document publicitaire au service des labos pharmaceutique et faisant l’apologie d’une utilisation accrue des statines…
Mais le point où l’on atteint vraiment le summum de l’acharnement dans la connerie est le chapitre dans lequel le document propose, si les objectifs de baisse du cholestérol LDL ne sont pas atteints, de complémenter le traitement avec de l’ézétimibe, des fibrates ou encore de la niacine. D’autant plus curieux que cette même HAS, dans son GUIDE DU PARCOURS DE SOINS Maladie coronarienne stable, émis en septembre 2014 et réactualisé en juillet 2015, a reconnu elle-même que ces produits n’ont strictement aucune efficacité. Je cite : Les autres traitements (fibrates, résines, acide nicotinique, ézétimibe) peuvent réduire le cholestérol LDL, mais aucun avantage lié à ces alternatives n’a été montré en termes de prévention secondaire des complications de l’athérosclérose.
La base Base de données publique Transparence Santé étant en maintenance depuis plusieurs jours, je n’ai pu examiner les conflits d’intérêts des principaux instigateurs de ce rapport mais de toute façon, on peut allègrement en conclure que les lobbies pharmaceutiques ont bien fait leur travail….

Où l’on reparle des fibrates !

La revue « Prescrire » vient de publier son guide « Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan 2017 » dans lequel elle étale la liste des médicaments plus dangereux qu’utiles qu’il faut impérativement éviter de consommer.
Dans cette liste de 91 médicaments (dont 82 commercialisés en France), on y retrouve bien évidemment les fibrates :Le bézafibrate (Befizal), le ciprofibrate (Lipanor ou autre) et le fénofibrate (Lipanthyl ou autre), des hypocholestérolémiants sans efficacité préventive cardiovasculaire au-delà d’un effet placebo, ex­posent à de nombreux effets indésirables, notam­ment cutanés, hématologiques et rénaux.
Par contre ils considèrent que le gemfibrozil (Lipur) serait le seul qui ait une certaine efficacité démontrée sur les complications cardiovasculaires de l’hypercholes­térolémie. Mais à condition de surveiller étroite­ment la fonction rénale et l’activité CPK sérique.
Pour info, j’ai analysé un seul essai clinique sur le gemfibrozil et bien que celui-ci démontrait effectivement une légère baisse des maladies cardiovasculaires, il démontrait surtout une augmentation conséquente de la mortalité toutes causes et autre que cardiovasculaire…
Donc prenez du gemfibrozil (Lipur) et vous aurez le plaisir de mourir plus vite, mais avec des artères en bon état !

La HAS confirme l’inefficacité des fibrates, résines, acide nicotinique et ézétimibe à réduire les maladies cardiovasculaires

Dans la mise à jour de juillet 2015 de son document « GUIDE DU PARCOURS DE SOINS Maladie coronarienne stable », la HAS confirme sa position concernant ces produits : « Les autres traitements (fibrates, résines, acide nicotinique, ézétimibe) peuvent réduire le cholestérol LDL, mais aucun avantage n’a été montré pour ces alternatives en terme de prévention secondaire des complications de l’athérosclérose. »

La HAS déclare les fibrates, résines, acide nicotinique et ézétimibe inefficace à réduire les maladies cardiovasculaires

Il était plus que temps, vis-à-vis de produits dont aucun essai clinique n’a pu prouver une quelconque efficacité, avec même pour certains une augmentation de la mortalité…