Il vaut mieux lire attentivement les notices des médicaments… et en tenir compte !

J’avais déjà parlé plusieurs fois des méfaits de la Dépakine (ici, ici et ici), un antiépileptique produit par Sanofi et accusé d’avoir provoqué des malformations chez les nouveaux nés alors qu’il était prescrit à de nombreuses femmes enceintes depuis plusieurs décennies.

Une association de victimes de la dépakine (Apesac) vient d’être débouté de sa demande au motif de « contestations sérieuses sur le principe de la responsabilité» du laboratoire Sanofi. En effet, ce dernier se retranche sur le fait d’avoir toujours respecté ses obligations d’information et avoir averti les autorités de santé.

Je rappelle ce que j’avais écrit dans un précédent article, à savoir : Jusqu’en 2000, la notice à destination des patients indique qu’en cas de grossesse ou d’allaitement, il convient de consulter son médecin, mais elle n’évoque pas les risques encourus par le fœtus. Ce n’est qu’en 2006 qu’elle déconseille pour la première fois l’utilisation de la Dépakine chez la femme enceinte, sans pour autant mentionner les risques de malformation et de troubles du développement. Ils étaient pourtant connus dans la littérature scientifique depuis 1982 pour les premiers et 1994 pour les seconds.

Attention :

Avis à tous ceux qui prennent une statine : vous devez savoir que si vous subissez un effet secondaire et que celui-ci est inscrit sur la notice de celle-ci, vous n’aurez en aucun cas le droit de vous plaindre. Vous étiez prévenus des effets secondaires et le labos ne peut être tenu pour responsable même en cas d’effets secondaires graves !

J’en profite pour signaler quelque uns de ces effets secondaires important (extrait de la notice de la Pravastatine [VASTEN] produite par Sanofi) :

  • Effets sur le système immunitaire :
    • Des réactions allergiques sévères peuvent se produire et se manifester par un certain nombre de symptômes : gonflement du visage, des lèvres, de la langue et/ou de la gorge pouvant provoquer des difficultés respiratoires (angio-œdème).
    • Une maladie sévère de la peau (éruption cutanée pseudo-lupique).
  • Effets sur le foie : atteinte du foie parfois sévère (hépatite), jaunisse (coloration jaune de l’œil et de la peau)
  • Effets digestifs : atteinte du pancréas (pancréatite).
  • Effets neurologiques : atteinte des nerfs des membres (neuropathie périphérique), sensation de picotement ou de fourmillement (paresthésie).
  • Effets sur la peau : démangeaisons, éruption sur la peau, urticaire, problèmes touchant les cheveux et le cuir chevelu, y compris perte de cheveux (alopécie).
  • Effets sur la vessie : problèmes urinaires.
  • Effets sur les muscles : destruction des cellules musculaires (rhabdomyolyse) pouvant être grave et pouvant entraîner des lésions des reins, inflammation d’un ou plusieurs muscles entraînant une douleur ou une faiblesse musculaire (myosite ou polymyosite).

Vous voici prévenus !

Non content d’espionner vos communications et votre vie, on va maintenant vous surveiller de l’intérieur…

La FDA viens d’autoriser la commercialisation de la première pilule connectée ! Celle-ci, fabriquée par le laboratoire Abilify, comporte un capteur qui permet, une fois cette dernière ingérée et logée dans l’estomac des patients, de suivre numériquement si les patients ont ingéré leurs médicaments (pour l’instant contre la schizophrénie uniquement).

N’y a-t-il que moi qui soit inquiet face aux dérives certaine que va entraîner cette possibilité ?

Attendez, avant de dire non, laissez-moi finir… Imaginez que, dans un futur pas si lointain, celle-ci surveille tout ce que vous ingérez, votre bilan sanguin, si vous prenez effectivement tous vos traitements, etc.

  • Ce matin votre taux de cholestérol est un peu trop élevé, vous prendrez une double dose de statines.
  • Votre taux de lipides dans le sang est trop élevé (Ah… le cassoulet de Grand-Mère…), ou bien vous jeûnez pendant 3 jours ou on vous hospitalise de force mais toute façon, vous prendrez une double dose de statines (même si ce n’est pas le gras qui cause les maladies cardiovasculaires, mais faudrait pas se fâcher avec l’industrie du sucre…).
  • Lors de votre soirée d’hier soir, vous avez un peu abusé de boissons alcoolisées (c’était votre anniversaire et vous avez remplacé le Champomy habituel par du champagne, quelle folie !), si votre taux de GammaGT n’est pas redescendu d’ici la fin de la matinée, la police vous mettra en cellule de dégrisement mais toute façon, vous prendrez une double dose de statines (même si l’alcool diminue le risque cardiovasculaire, mais faudrait pas se fâcher avec les fabricants de statines…).

Vous trouvez que j’exagère ? Je vous conseille fortement la lecture de la bande dessinée « SOS Bonheur » de Griffo (Illustrations) et Jean Van Hamme (Scenario). Je vous jure qu’après vous verrez l’avenir autrement…

Maintenant, 50 % de la population est hypertendue !

Depuis la nouvelle norme que vienne d’édicter les États-Unis par la voix de L’American Heart Association (AHA) et l’American College of Cardiology (ACC), presque la moitié (47%) de la population va pouvoir entrer dans le clan des hypertendus. En effet, il a été décidé d’abaisser le seuil de 140/90 mm Hg à 130/80 mm Hg.

Avant l’abaissement de ce seuil, le pourcentage était de 36 % d’hypertendus mais avec l’abaissement de la norme, c’est 14 % d’hypertendus en plus. Vous vous rendez compte de la publicité : grâce aux hypotenseurs, les industries pharmaceutiques vont sauver la moitié de la planète. C’est « énôrme ! »

Sinon la prochaine étape, c’est quel niveau ? À l’instar du taux de cholestérol qui à été abaissé de 300 mg/dL à 200 mg/dL en 30 ans (voire beaucoup moins en cas de problèmes cardiovasculaires, cf « lower is better… »), la prochaine norme est de combien ? 120/70 mm Hg ?

Allez, messieurs les Américains, ne soyez pas petits joueurs, tirez les premiers, soyez couillus : je vous propose 100/50 mm Hg et on en parle plus. Vous vous rendez compte tous les faramineux bénéfices que vous pourriez engranger au vu de l’augmentation des ventes de médicaments hypotenseurs ? Carrément autre chose qu’un misérable 14 % de vente en plus… Ainsi vous pourriez prétendre sauver 95 % de la population mondiale !

C’est facile, les labos soudoient des scientifiques pour pondre des normes de plus en plus drastiques, ainsi on crée de plus en plus de malades (qui d’ailleurs ne savait même pas qu’ils l’étaient…) et au final les labos vendent de plus en plus de médicaments.

Business as usual, comme on disait dans ma boîte d’informatique.

Mais non, je ne suis pas énervé !

De plus en plus, nouveau ne signifie pas forcément meilleur…

J’en suis arrivé à lire pas mal d’études cliniques sur tout ce qui tourne autour des statines et autres cochonneries du même genre et cela fait plusieurs fois je remarque un terme qui revient régulièrement dans beaucoup d’études.

En effet, de plus en plus d’études récentes ne testent plus la supériorité d’un nouveau médicament par rapport à un autre, mais sa « non-infériorité ». J’espère que vous saisissez bien la nuance…

Donc les labos sortent un nouveau produit, les essais cliniques démontrent qu’il n’est absolument pas plus efficace que l’ancien (mais bien souvent qu’il a plus d’effets secondaire !) et tout le monde s’auto-congratule de sa « non-infériorité ». Ce qui va permettre à la HAS de délivrer son AMM et de laisser mettre sur le marché à un prix prohibitif un médicament qui n’apporte rien de plus que l’ancien médicament de référence (vendu beaucoup moins cher…).

Et comme le monde médical aime bien les nouveautés (surtout si elles rapportent beaucoup plus d’argent aux labos…), tout le monde le prescrit à tour de bras (ce n’est pas grave, il est « non-inférieur »…) et pendant ce temps-là, la sécu rembourse imperturbablement !

Imaginez un peu l’achat d’un téléviseur :

  • Bonjour, je voudrais un téléviseur « Debase » modèle 2000
  • Oui, mais nous pouvons vous proposer pour 2 fois plus cher le modèle « Arnake » modèle 2017
  • À ce prix, il doit être plus performant ?
  • Euh, non. Il est « non-inférieur »
  • ??? Mais s’il est plus cher, c’est qu’il est mieux, ou plus performant ?
  • Mais puisque je vous dis qu’il est « non-inférieur ». Il n’a rien de plus que l’autre, il n’est pas plus performant, il ne fait rien de plus que l’autre.
  • Mais il est vendu 2 fois plus cher !
  • Oui, mais il est recommandé par les hautes instances audiovisuelles. Et puis vous n’allez pas m’apprendre mon métier ! Je vous dis que c’est celui-là qu’il faut acheter, il est « non-inférieur » !

Bref, vous l’avez compris, les labos pharmaceutiques et toutes les instances médicales, avec la bénédiction du gouvernement, prennent les patients pour des imbéciles et la sécu pour une vache à lait !

D’après la ministre de la santé, les effets secondaires des médicaments ne sont pas importants s’il ne provoque pas de décès…

D’après le journal « le Monde », à propos des effets secondaires du Levothirox, madame Buzin a déclaré : « Ce sont des effets notables, mais qui ne mettent pas en danger la vie des patients ». Ça commence bien. Des effets secondaires (apparemment parfois plutôt graves) mais tant qu’il n’y a pas de mort, on s’en fiche… Quand on voit où en est l’affaire du Médiator, même avec un certain nombre de décès, l’affaire est loin d’être gagnée. À partir de combien de mort notre ministre de la santé commence à prendre en compte les effets secondaires ?

« Nous avons largement entendu les souffrances des patients. ». Les entendre, c’est bien mais les prendre en compte, se serait mieux…

« C’est une crise liée à un défaut d’information et à un défaut d’accompagnement, qu’il faut entendre ». Bien sûr. Il faut longuement expliquer aux patients que les effets secondaires sont le fruit de leur imagination. Il est notoire que tous les médicaments n’ont strictement aucun effets secondaires indésirables ! Même les statines n’en ont aucun. Les diabètes de type 2, une vue de l’esprit. Les douleurs musculaires, de la comédie. Les maladies rénales, les asthénies, la maladie de Parkinson, désolé, mais ce n’est que du pipeau.

« Mme Buzyn a donc annoncé le lancement prochain d’une mission pour mieux informer les patients sur les médicaments et apaiser le débat ». Car il y a, selon elle, « un sentiment permanent de complotisme dès lors que l’on parle du médicament, alimenté par des réseaux sociaux. ». Je ne comprends pas bien la teneur de la première phrase… On va expliquer aux patients comment lire les notices (tous les effets indésirables devraient y être inscrits), ainsi ils seront prévenus et ne pourront pas se plaindre si ceux-ci les rendent encore plus malades, ou bien leur expliquer que s’ils ressentent quelques effets secondaires, c’est qu’ils n’ont rien compris ? Quant au contenu de la deuxième phrase, Internet et les réseaux sociaux (même s’il s’y trouve beaucoup de désinformation, je le concède) font plus pour ce genre de problème que les communiqués officiels, dictés à l’oreille de nos ministres par les labos pharmaceutiques. Bien souvent, les différentes instances médicales et gouvernementales ne lèvent même pas le petit doigt lorsqu’il s’agit de dénoncer un problème de médicament et attendent que le scandale éclate pour commencer à émettre quelques (faibles) regrets.

Madame Buzin, tout le monde connaît votre proximité avec les différents labos pharmaceutiques (ce qui en fait d’ailleurs un point commun à tous les ministres de la santé…). Il serait bien que l’on est un jour un « vrai » ministre de la santé, qui prennent vraiment en compte la santé des patients, et non pas seulement les dividendes des industries pharmaceutiques.