Diabète : les lobbies industriels et pharmaceutiques ont gagné…

C’est en gros la conclusion de deux articles parus sur le Monde. N’étant pas abonné, je n’ai pu lire les articles en entiers mais voici quelques chiffres :

  • Les ventes de médicaments antidiabétiques ont rapporté aux laboratoires pharmaceutiques 44 milliards de dollars en 2016 avec une prévision de 58 milliards de dollars en 2022
  • Il y a actuellement 425 millions d’adultes diabétiques dans le monde en 2017, avec là aussi une prévision de 629 millions en 2045

Soit un gigantesque marché (le deuxième devant les anticancéreux) et en pleine expansion.

Mais les industriels ne s’arrêtent pas en si bon chemin, ceux-ci faisant un lobbying intense au niveau de l’Union Européenne pour bloquer toute mesure de prévention qui viserait à réduire l’impact du diabète par des mesures d’hygiène alimentaire et qui seraient susceptibles de réduire leur chiffre d’affaires. On peut citer par exemple le Nutriscore, la réduction du sucre dans les aliments, la taxe sur les boissons sucrées ou encore la suppression de la publicité pour les aliments sucrés aux heures de grande écoute.

En 2016, Coca-Cola aurait dépensé (officiellement…, après il y a ce qui se traite en secret…) 670 000 euros, Nestlé de 200 000 à 300 000 euros et le Comité européen des fabricants de sucre de 100 000 à 200 000 euros.

Bref, rien de nouveau sous le soleil. La santé des individus n’a strictement aucune importance du moment que ça peut rapporter un maximum de fric !

Les industries chimiques et pharmaceutiques trichent…

Ce n’est pas nouveau mais ça se confirme une fois de plus !

A l’occasion d’une interview publiée par l’excellent magazine Reporterre des deux journalistes à l’origine des « Monsanto papers », on peut découvrir l’étendu des falsifications, manipulation et corruptions en tout genre dont s’est rendu coupable cette société afin de masquer la dangerosité de son produit phare (le Glyphosate, alias RounUp) alors que la causalité de celui-ci avec les cancers (notamment lymphome non-hodgkinien) est prouvée.

Un élément très instructif est la conclusion fournie par l’une des deux journalistes et que je me permets de citer : « Monsanto n’est cependant pas la seule firme à falsifier des documents à propos de produits chimiques dangereux pour l’environnement ou l’humain, même si elle a sans doute été le plus loin. Ces abus sont fréquents dans l’industrie chimique, comme avec l’industrie du tabac ou pharmaceutique. Ils calculent combien d’argent ils peuvent gagner et combien d’argent ils risquent de perdre en dommages et intérêts s’ils sont démasqués. »

La base « Transparence Santé » évolue

Cette base permettait, jusqu’à présent, de mettre en évidence uniquement le montant des rémunérations indirectes (repas, voyages, etc.) perçues par professionnels de la santé de la part des labos pharmaceutiques et des fabricants d’équipements. Maintenant, celle-ci comporte aussi (enfin !) le montant des rémunérations directes (salaires) versés par ces mêmes industries.

En effet, avant cette mise à jour, un professionnel de santé convié à animer une conférence était tenu de déclarer les 2 tickets de métro ainsi que son repas à la cantine offerts par le labo, mais n’avait pas à déclarer les 300 000€ versés pour sa prestation…

Pour information, entre janvier 2012 et juin 2014 les montant des cadeaux (et juste ceux-ci..) atteignait les 245 millions d’euros. Pendant cette même période, le montant total des 235 455 contrats, n’ayant pas à être déclaré,  était tenu secret…

 

D’après Mme Buzin, nous sommes tous des complotistes…

Suite à une intervention de Mme Buzin sur l’émission du vendredi 15 septembre sur France-Inter (Interactiv’) dans laquelle cette dernière mettait en cause (sur la base d’accusation mensongère) le Pr Even, le site de l’AIMSIB a fait paraître un droit de réponse de la part du Pr Even. N’ayant pas eu connaissance de cette intervention, j’ai donc écouté le replay de cette émission. Effectivement, à partir le 3’42’’, un auditeur (cardiologue) posait la question de savoir ce que la ministre allait faire afin de redorer le blason des statines et autre médicaments anti-cholestérol mis à mal par (en autre…) les écrits de Philippe Even. Je ne m’étendrai pas sur ces accusations ni sur cette lettre, celle-ci étant consultable sur le site de l’AIMSIB, pour évoquer la suite de la diatribe de notre ministre des Solidarités et de la Santé.

Mme Buzin a donc évoqué successivement  :

  • « une mission d’information autour des médicaments » : Concernant la théorie du cholestérol qui tue, allons nous donc encore avoir droit à une campagne de publicité financée par un grand labo pharmaceutique fabriquant, bien évidemment, des statines ?
  • Elle a aussi prononcé le mot « complot » : Bien sûr, ceux qui s’élèvent contre les médicaments hypocholestérolémiant ne peuvent être que des complotistes ? Et les personnes ci-dessous, toutes des complotistes elles-aussi :
    • Irène Frachon, complotiste pour avoir dénoncé le scandale du médiator
    • Pierre Meneton pour avoir dénoncé la désinformation par les lobbies agroalimentaires, notamment l’industrie du sel, après des professionnels de la santé et de l’alimentation
    • Jean-Jacques Mélet qui a révélé la toxicité des amalgames dentaires
    • Anne-Marie Casteret qui a révélé l’affaire du sang contaminé
    • Ceux qui ont dénoncé les malversations de l’industrie du sucre pour avoir, pendant plus de 50 ans, subventionné de fausses études démontrant la nocivité des graisses saturées tout en dédouanant le sucre de son rôle néfaste
    • Et bien d’autres encore…

Bref, tous ces gens ont été traités comme des complotistes, certains ont même été traîné en justice, d’autres ont perdus leur emploi, jusqu’à ce qu’enfin le scandale éclate au grand jour ! Complotistes aussi tous les scientifiques produisant des études (non financées par les industries pharmaceutiques) qui dénonce la théorie du cholestérol et qui prouvent qu’en vieillissant, on vit mieux et en meilleure santé avec un taux de cholestérol élevé. Complotistes aussi les sites NEJM, BMJ, NCBI (liste non exhaustive…) pour héberger les écrits de ces mêmes professeurs (en même temps que ceux des labos pharmaceutiques, d’ailleurs…).

  • Vous avez prononcé les mots suivants : « Fervente défenseur de la démocratie sanitaire » et « débats citoyen ». Permettez-moi d’en douter, Mme Buzin. Et plus que fortement. Lorsque l’on a pu constater le peu de cas que vous avez fait de la concertation citoyenne sur la vaccination, le manque de transparence et l’autoritarisme de votre décision, je le dis et le redis : permettez-moi d’en douter. Et je ne suis pas, loin de là,  le seul à le penser…

Mme Buzin, tout ministre que vous êtes, ouvrez les yeux. La défiance des Français vis-à-vis des médicaments va grandissante, de plus en plus de personnes se rendent compte de la main-mise des laboratoires pharmaceutiques et des industries agroalimentaires sur les décisions de santé et ce n’est pas votre comportement qui va changer les choses. Il n’y a qu’à lire les deux récents articles parus sur Basta! (« Ces médicaments qui coûtent des milliards à l’assurance-maladie et menacent notre système de santé » et « Comment les labos amassent des fortunes grâce à des médicaments au prix exorbitant ») pour comprendre qu’aucune amorce d’une quelconque amélioration est en vue. Les labos vont continuer à rémunérer des grands professeurs, transformant ceux-ci en leurs porte-parole ou en leurs commerciaux, les instances gouvernementales de santé vont continuer à suivre les recommandations de ces mêmes professeurs et par-là même celles des labos.

Oui, je suis en colère.

Oui, tout ceci m’écœure au plus haut point et ce n’est certainement pas votre langue de bois, vos contrevérités et vos mensonges éhontés qui vont y changer quoi que ce soit.

De plus en plus, nouveau ne signifie pas forcément meilleur…

J’en suis arrivé à lire pas mal d’études cliniques sur tout ce qui tourne autour des statines et autres cochonneries du même genre et cela fait plusieurs fois je remarque un terme qui revient régulièrement dans beaucoup d’études.

En effet, de plus en plus d’études récentes ne testent plus la supériorité d’un nouveau médicament par rapport à un autre, mais sa « non-infériorité ». J’espère que vous saisissez bien la nuance…

Donc les labos sortent un nouveau produit, les essais cliniques démontrent qu’il n’est absolument pas plus efficace que l’ancien (mais bien souvent qu’il a plus d’effets secondaire !) et tout le monde s’auto-congratule de sa « non-infériorité ». Ce qui va permettre à la HAS de délivrer son AMM et de laisser mettre sur le marché à un prix prohibitif un médicament qui n’apporte rien de plus que l’ancien médicament de référence (vendu beaucoup moins cher…).

Et comme le monde médical aime bien les nouveautés (surtout si elles rapportent beaucoup plus d’argent aux labos…), tout le monde le prescrit à tour de bras (ce n’est pas grave, il est « non-inférieur »…) et pendant ce temps-là, la sécu rembourse imperturbablement !

Imaginez un peu l’achat d’un téléviseur :

  • Bonjour, je voudrais un téléviseur « Debase » modèle 2000
  • Oui, mais nous pouvons vous proposer pour 2 fois plus cher le modèle « Arnake » modèle 2017
  • À ce prix, il doit être plus performant ?
  • Euh, non. Il est « non-inférieur »
  • ??? Mais s’il est plus cher, c’est qu’il est mieux, ou plus performant ?
  • Mais puisque je vous dis qu’il est « non-inférieur ». Il n’a rien de plus que l’autre, il n’est pas plus performant, il ne fait rien de plus que l’autre.
  • Mais il est vendu 2 fois plus cher !
  • Oui, mais il est recommandé par les hautes instances audiovisuelles. Et puis vous n’allez pas m’apprendre mon métier ! Je vous dis que c’est celui-là qu’il faut acheter, il est « non-inférieur » !

Bref, vous l’avez compris, les labos pharmaceutiques et toutes les instances médicales, avec la bénédiction du gouvernement, prennent les patients pour des imbéciles et la sécu pour une vache à lait !