L’hexane, un scandale sanitaire de plus soigneusement occulté.

L’hexane est un dérivé du pétrole qui, utilisé comme solvant, permet l’extraction de la quasi-totalité de la matière grasse et la production d’un tourteau (colza, le tournesol ou soja) très concentré en protéines, répondant ainsi aux exigences de productivité de l’industrie.

Hélas, ce procédé industriel, choisi pour son excellent rendement économique, laisse des résidus d’hexane non seulement dans les huiles, mais aussi dans les tourteaux qui, consommé par les animaux des élevages industriels, se retrouve dans les aliments d’origine animale (lait, beurre, lait infantile, poulet).

Au total, près de 90 % des tourteaux produits en France aujourd’hui le sont dans des usines ayant recours à l’hexane. Quant à ceux importés (qui proviennent majoritairement du Brésil), ils sont non seulement produits à partir d’OGM, donc bourré de pesticides, mais sont aussi traités à l’hexane.

Il faut savoir que l’étiquetage de ce produit n’est pas obligatoire parce que celui-ci n’est pas considéré comme un ingrédient à proprement parler, mais comme un auxiliaire technologique en tant que solvant d’extraction.
Pour information, un auxiliaire technologique est une substance utilisée dans le processus de fabrication de « denrées alimentaires transformées » pour répondre à un certain objectif technologique pendant le traitement ou la transformation. La substance utilisée ne doit plus être présente dans le produit fini, sauf de façon non intentionnelle et sous forme de résidu techniquement inévitable. À ce titre, elle ne figure pas dans la liste des ingrédients, contrairement aux additifs.

Ceci établi, passons à l’aspect problématique de l’affaire.

Le terme « hexane » désigne en réalité une famille de cinq isomères différents : le n-hexane ; le 2-méthylpentane ; le 3-méthylpentane ; le 2,2-diméthylbutane et le 2,3-diméthylbutane.

Parmi eux, le n-hexane pur (CAS 110-54-3), est le plus préoccupant du point de vue sanitaire, notamment en raison de sa neurotoxicité avérée. En effet, l’ECHA (Agence Européenne des Produits Chimiques) a reconnu que ce dernier présente un risque de toxicité avéré en cas d’inhalation et en cas d’exposition chronique ; un risque suspecté de toxicité pour la reproduction et pour les organes en cas d’exposition, ainsi qu’un risque d’irritation cutanée. Cette même agence reconnaissant l’hexane comme substance CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) de catégorie 2.

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a aussi confirmé ses effets neurotoxiques et l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) a souligné le risque de neuropathies périphériques liées à l’exposition professionnelle à l’hexane.

Pour continuer avec ce sympathique produit, le système nerveux est la principale cible de la toxicité du n-hexane. Une exposition chronique peut engendrer des polyneuropathies sensorimotrices ou polynévrites périphériques, affectant simultanément un grand nombre de nerfs périphériques dans tout l’organisme. Les symptômes incluent un affaiblissement musculaire, des sensations de picotement, des engourdissements, une diminution de la sensibilité, des troubles de la vision, des céphalées, une fatigue prononcée, ainsi qu’un affaiblissement des muscles pouvant conduire à une insuffisance respiratoire – autrement appelés polyneuropathie.

Le lien entre une exposition prolongée au n-hexane et l’apparition de neuropathies périphériques chez les travailleurs exposés a été clairement démontré par des études scientifiques, ainsi que par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).Par ailleurs, l’exposition chronique au n-hexane peut également causer une altération de la vision des couleurs.

Il est, en outre, suspecté d’être un perturbateur endocrinien…

Les tourteaux servant à l’alimentation animale ne font l’objet d’aucune réglementation, seules les huiles bénéficie d’une réglementation basée sur une étude de… 1996 dont l’EFSA reconnaît elle-même qu’elle n’est plus suffisante pour juger du danger réel posé par ce produit. Cette limite ayant d’ailleurs été validée plus en fonction de la capacité des industriels à atteindre celle-ci qu’en fonction de la dangerosité du produit…

Pourtant, d’autres méthodes existent (trituration à chaud) mais ceux-ci ne permettent qu’une extraction de 89 %, contre 95 % pour l’hexane.

Dernier point : si 90 % des graines oléo-protéagineuses sont traités en France grâce à l’hexane, 52 % des graines transformées le sont par le groupe Avril et 93 % des graines traitées par le groupe Avril dont traitées en utilisant l’hexane.

Il faut savoir que le groupe Avril est dirigé par Arnaud Rousseau, par ailleurs président de… la FNSEA.

Ceci expliquerait-il cela…

 

Le rapport complet : Nos aliments contaminés à l’hexane – Le groupe agro-alimentaire Avril au coeur d’un scandale sanitaire

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