Tiens, revoilà l’ézétimibe…

Je viens de découvrir une étude sur l’efficacité de l’ézétimibe1. Certes, celle-ci n’est pas très récente (2019), mais je me suis amusé à la décortiquer afin de voir si nous aurions droit à une révolution.

Jusqu’à présent, toutes les études concernant la capacité de l’ézétimibe à réduire les maladies cardiovasculaires n’avaient pas démontré une quelconque efficacité de ce produit. Même Merck, concernant les résultats de l’essai clinique « IMPROVE-IT » sur la combinaison statine + ézétimibe (Zetia) s’est fendu d’un communiqué précisant, je cite : Les informations de prescription de ZETIA indiquent que l’effet de ZETIA sur la morbidité et la mortalité cardiovasculaires n’a pas été déterminé. ZETIA n’est pas indiqué en association avec une statine pour réduire davantage les événements cardiovasculaires chez les patients ayant présenté un syndrome coronarien aigu.2 ».

Même son de cloche du côté de la HAS3 qui précise que Les autres traitements (fibrates, résines, acide nicotinique, ézétimibe) peuvent réduire le cholestérol LDL, mais aucun avantage lié à ces alternatives n’a été montré en termes de prévention secondaire des complications de l’athérosclérose..

Ce qui a été confirmé aussi par la FDA (US Food and Drug Administration)4.

Dont acte.

Eh bien, point de révolution en vue, cette étude ne déroge pas à la règle…

Nous avons donc une étude en prévention primaire, en mode « ouvert » (c’est-à-dire que les patients connaissaient s’ils étaient sous ézétimibe ou non) et concernant des patients de plus de 75 ans.

Comme à l’habitude, nous pouvons constater une sélection rigoureuse des patients ainsi qu’un critère primaire composite à rallonge comprenant : mort cardiaque soudaine, de l’infarctus du myocarde mortel/non mortel, de la revascularisation coronarienne ou d’un accident vasculaire cérébral mortel/non mortel.

On peut remarquer que sept patients ont été exclus de l’étude car présentant une tumeur maligne apparue moins de cinq ans après le diagnostic. Au vu de l’augmentation de 35,56 % (relatifs…) des décès par tumeurs malignes, la question de savoir s’il faut y voir une relation de cause à effet peut légitimement se poser.

Sinon, pour ce qui est de l’efficacité, mis à part le critère composite principal qui sot quelque peu du lot (et encore, 0,89 % annuel…) et trois qui frisent les 0,30 % d’efficacité annuelle, tous les autres ne sont même pas significatifs.

On peut aussi remarque une augmentation des décès (mortalité toutes causes confondues, décès non cérébro- et non-cardiodosculaires, décès cérébro- et cardiovasculaires et décès par tumeurs malignes) dans la branche ézétimibe.

Bref, comme je le disais précédemment, pas de révolution.

Vous pouvez retrouver tous les détails de cette étude ici : Trial EWTOPIA 75

Sinon, si un cardiologue ou un médecin veut vous prescrire de l’ézétimibe, vous pouvez toujours lui faire lire l’avis de la HAS avant de sortir de son cabinet en courant…

 

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