Statines après 70 ans, quelle efficacité ?

Tout d’abord, bravo à Olive verte de m’avoir devancé d’un poil sur ce coup-là1 🙂 !

Donc, passé 75 ans, les statines sont-elles efficaces ? Ce n’est pas une, mais deux études qui tentent de répondre à cette question. Si l’on ne s’attache qu’aux conclusions des études et aux articles dithyrambiques de la presse médicale, la réponse est qu’il faut continuer à rendre consciencieusement ses statines, mais comme nous allons le voir le diable se cache dans les détails.

La première étude, publiée en juillet 2026 et dénommée SAGA/SITE2 est une étude française randomisée, en simple-aveugle.
Cette étude testait l’arrêt des statines chez des personnes de plus de 70 ans sans antécédents de maladies cardiovasculaires (en prévention primaire, donc). Pour être admissible, les patients devaient être déjà depuis au moins un an sous statines, ce qui signifie que ceux-ci étaient mieux susceptibles de supporter ces dernières et donc introduisait un risque de biais vis-à-vis des effets secondaires (minimisation de ceux-ci).

Pour le reste, je vais faire court (la critique complète de l’étude est disponible en page Trial SAGA/SITE) pour n’évoquer que l’essentiel.
On peut constater une augmentation spectaculaire de la mortalité dans la branche statines par rapport à la branche placebo (entre 20 et 27 %) ainsi que des effets secondaires (toujours dans la branche statines) : diabète (+28,57 %), troubles cognitifs (+18,18 %), infections graves (+23,68 %), cancer (+33,33 %), cataracte (+25,81 %).
Ça fait peur !
Bon, allez, j’avoue que je me suis fait plaisir en employant les pourcentages relatifs. Ce que les labos n’hésitent pas à faire pour gonfler leurs résultats.

Concrètement et pour en revenir à la réalité, aucune différence significative dans la mortalité, les effets secondaires, les évènements cardiovasculaires ainsi que pour la qualité de vie.
Le plus comique est la conclusion des auteurs de l’étude : Cependant, par rapport à la poursuite de la statine, l’arrêt n’était pas associé à des changements dans la qualité de vie, le fardeau des symptômes ou les taux d’événements indésirables, ce qui suggère que les personnes qui ont toléré les statines à long terme pourraient n’avoir aucun avantage tangible d’arrêter le traitement..
Donc on a un produit dont l’inutilité est prouvée, mais qu’il faut continuer à prescrire.
On marche carrément sur la tête.
Je ne vois absolument pas quel peut être l’intérêt de prendre un médicament qui ne sert strictement à rien. Mis à part le fait d’augmenter les bénéfices des labos, les dividendes de leurs actionnaires et aussi de contribuer à augmenter le déficit de la sécu…

Bref !

Pour ce qui est de la deuxième étude, celle-ci se nomme STAREE3 et testait la différence entre statines et placebo en prévention primaire chez des personnes d’un âge moyen de 75 ans.

Cette fois aussi, je ne vais faire qu’un résumé, la critique complète de l’étude étant disponible en page Trial STAREE

  • Tous les participant ont eu droit à une phase de « Run-in » au cours de laquelle tous les participants était soumis pendant 4 semaines à l’atorvastatines. Pratique ; ainsi ne reste que ceux qui la supportent sans soucis…
  • À la fin de l’étude, il ne restait que 45 % des patients dans la branche atorvastatine. On aurait bien aimé savoir le pourquoi d’une telle attrition !
  • De même, 80 % des décès provenaient de causes non cardiovasculaires. Il aurait été des plus intéressants d’avoir des détails de la répartition de ces décès.
  • Si justification médicale (évènement cardiovasculaires), les participants de la branche placebo pouvait se voir prescrire des statines, de même ceux de la branche statine pouvaient se voir privé de statines, sans que cela change leur branche d’affectation initiale.
  • Les participants étaient principalement des Blancs et des anglophones et étaient des personnes âgées relativement en bonne santé et vivant de manière indépendante. Bien loin de la réalité où l’on colle des statines à tout ce qui bouge.
  • Aucune réduction de la mortalité de cause cardiovasculaire n’a été constatée, un comble pour un produit censé la réduire. Quant aux 30 % de réduction des MCV (ah, la magie des pourcentages relatifs…) encensés par la presse médicale rémunérée par les labos, ceux-ci-ci correspondent à 2,30 % de réduction des MCV sur 5,9 ans, soit 0,39 % par an. Nettement moins sexy !

Bref, rien de spectaculaire.

En conclusion, je me permettrais de citer la critique de l’étude STAREE qu’en a fait John Mandrola4, électrophysiologiste cardiaque à Louisville (Etats-Unis) et dont je trouve les réflexions généralement très pertinentes : les médecins n’ont guère besoin d’intervenir dans la décision relative à la prise de statines. Ces médicaments devraient être en vente libre, afin que les patients puissent décider, avec leur propre argent, s’ils souhaitent prendre plus de 2000 comprimés sur 6 ans pour réduire de quelques pour cent les événements cardiaques…»

Absolument rien à y rajouter !

 

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