Je viens de découvrir cette étude1, publiée en 2021, qui fait le point sur la relation entre niveau de cholestérol et mortalité toute cause. Celle-ci a constaté qu’un cholestérol très bas réduisait légèrement la mortalité cardiovasculaire, mais faisait augmenter de beaucoup la mortalité toutes causes confondues.
Autrement dit, vous avez légèrement moins de risques de mourir d’un infarctus, mais beaucoup plus de risques de mourir d’un cancer ou d’une autre maladie infectieuse.
Cette étude, à partir des données transversales de l’étude NHANES, s’est donc penchée sur la relation entre cholestérol bas (ou abaissé à partir de médicaments) et la mortalité générale.
Pour ce faire, elle a recruté 19 034 participants (âge moyen : 46,44 ans), dont 9 045 hommes et 9 989 femmes. Après un suivi médian de 7,83 ans, en excluant les décès survenus dans les trois ans suivant le début du suivi, 1 619 décès parmi les 19 034 participants ont été inclus dans l’analyse. Cinq groupes ont été définis selon le niveau de concentration de LDL C initial (< 70, 70–99, 100–129, 130–159, ≥ 160 mg/dL).
Je ne vais pas vous faire un grand discours, juste vous présenter un graphique qui résume l’essentiel :

Les auteurs émettent tout de même quelques réserves au sujet de cette étude : « Plusieurs limites doivent être soulignées. Premièrement, l’auto-déclaration des caractéristiques sociodémographiques et des facteurs de santé liés aux maladies peut introduire un biais de classification. Toutefois, il s’agit probablement d’un biais non différentiel, qui tend à annuler les résultats. Deuxièmement, nous n’avons pas réalisé d’analyse stratifiée selon la prise ou non d’un traitement hypolipémiant. Troisièmement, nous avons analysé uniquement le taux de LDL C initial et ne pouvons exclure que les résultats soient influencés par l’instauration ou l’arrêt d’un traitement hypolipémiant pendant le suivi, ni observer l’évolution de ce taux au cours du temps. Quatrièmement, nous n’avons pas combiné les informations relatives aux médicaments prescrits avec la mortalité toutes causes confondues. De plus, une étude populationnelle à grande échelle et bien conçue est nécessaire pour établir un seuil spécifique de LDL C associé au risque de décès. Enfin, la nature observationnelle de notre étude ne nous permet pas d’aborder la question de la causalité. »
Pour ce dernier point, certes relation ne vaut pas dire causalité, mais jusqu’à un certain point. Une augmentation aussi conséquente de la mortalité ne peut être le fruit du hasard. En outre, ce n’est pas la première étude à constater ces faits2.
Ce qui, malgré tout, n’interpelle toujours pas les fabricants de statines, les agences de santé, les cardiologues, les médecins, les associations de patients…
Peut-être les sommes d’argent en jeux sont-elles trop importantes ?
1 Nature : Association between low density lipoprotein cholesterol and all‑cause mortality: results from the NHANES 1999–2014
2 Maladies cardiovasculaires, cholestérol et statines : 1001 raisons de ne pas faire baisser son cholestérol à l’aide de médicaments hypocholestérolémiants