Brèves (de comptoir...) sur les MCV, le cholestérol et les hypocholestérolémiants (2017)down

15/06/2017 - Un taux de cholestérol bas favorise la maladie de Parkinson

Telle est la conclusion d'une étude d'observation sur 261 638 personnes âgées de 40 à 79 ans ne prenant pas de statines.
L'augmentation des cas de maladies de Parkinson est corrélée avec les niveaux bas de cholestérol total et LDL, mais il semblerait que les hommes soient plus impactés que les femmes.
Ceci est d'ailleurs confirmé par une autre étude, initialement parue en 2005 mais qui, à l'époque, avait été rejetée par la plupart des revues médicales, étant préjudiciables aux drogues « miraculeuses » que sont les statines. Entre temps, une autre étude parue en 2006 va encore plus loin puisqu'elle accuse directement les statines de provoquer la maladie de Parkinson.
Tout ceci est extrêmement inquiétant. Je rappelle que dans l'étude Fourier sur le Repatha (inhibiteur de PCSK9), les patients sous traitement pouvaient atteindre des taux de cholestérol inférieurs à 0,40g/l. Les auteurs de l'étude s'étant même fendus d'un bref avertissement Bien que les conséquences néfastes des LDL-C très faibles n'aient pas été identifiées dans ces essais, les effets à long terme de niveaux très bas de C-LDL induite par Repatha® sont inconnus.
C'est ce qu'on appelle vulgairement « du foutage de gueule » !
D'un autre coté, d'ici quelques années, tout ceci va favoriser la vente de produits contre la maladie de Parkinson, aussi c'est peut-être le moment opportun pour devenir actionnaires des labos produisant ce genre de médicaments...
American Journal of Epidemiology : Serum Cholesterol Levels and the Risk of Parkinson's Disease
Wiley Online Library : Statins may facilitate Parkinson's disease: Insight gained from a large, national claims database

14/06/2017 - Patients, patientes, on vous ment... ou l'art de maximiser les bénéfices et de minimiser les effets secondaires d'un produit !

Je viens de détailler une étude sur la canagliflozine (Invokana, Janssen Pharmaceuticals) censée réduire les maladies cardiovasculaires chez les diabétiques de type 2. Nous n’épiloguerons pas sur le fait que les statines (environ 75% des patients de l’étude étaient sous statines), provoquent du diabète chez environs 5% des individus sains ainsi qu’une aggravation de celui-ci chez les patients déjà diabétiques pour nous arrêter sur les magnifiques résultats cette étude dont les auteurs de l’étude annoncent une réduction de 14% des évènements cardiovasculaires ainsi qu’une réduction de 40% du déclin de la fonction rénale.
Extraordinaire, me direz-vous…
Sauf que ces pourcentages sont relatifs et n’ont donc rien à voir avec la réalité des pourcentages absolus. Effectivement, les résultats sont de 0,455% annuels et 2,1% annuels de réduction respectivement (rien à voir avec les fabuleux pourcentages relatifs énoncés plus haut !)
Mais le pire étant que pour parler des effets secondaires, les auteurs basculent en pourcentages absolus (ben oui, faudrait voir à ne pas affoler le patient) et nous annoncent une augmentation des amputations des membres inférieurs (oui, vous avez bien lu…), de 0,63% annuellement sous traitement par rapport à 0,337% annuellement sous placebo. Ce qui, ramené en pourcentages relatifs nous donne environ 50 % d’augmentation de risque d’être amputé des membres inférieurs avec la canagliflozine.
C’est autrement plus effrayant, d’un coup…
Surtout si l’on regarde les pourcentages d'augmentation (toujours en % relatifs) des effets secondaires sous canagliflozine par rapport au placebo : augmentation de 66% des cancers du rein, de 20% des cancers du sein, de 30% de la photosensibilité, de 30% des infection des organes génitaux mâles, de 60% de la diurèse osmotique et de 55% des infections génitales chez la femme.
Bon, vous avez toujours envie de prendre ce produit ???
Le pire étant que ce sont les mêmes mensonges pour les statines et autres produits hypocholestérolémiants. Ah, pardon, c'est vrai que l'on dit hypolipidémiants maintenant...
NEJM : Canagliflozin and Cardiovascular and Renal Events in Type 2 Diabetes

31/05/2017 - Une analyse complémentaire de l'étude ALLHAT-LLT prouve que les statines ne servent à rien !

Des chercheurs se sont penché sur l'essai clinique ALLHAT-LLT testant la Pravastatine (40 mg/jour) chez des patients souffrants de hyperlipidémie et d'hypertension modérées et ces derniers ont (re)découvert que les statines n'avaient eu aucun strictement aucun effet avec même, chez les patients de plus de 75 ans, une augmentation peu significative de la mortalité toutes causes.
Pas vraiment besoin d'être grand gourou pour confirmer que les résultats de cette étude ne présentaient aucuns bénéfices, que ce soit en termes de mortalité cardiovasculaire et globale ou même d'évènements cardiovasculaires qui n'ont subi aucunes réductions.
Hélas, je ne me fais aucune illusion, on va continuer à fourguer des statines aux personnes âgées même si ça ne sert strictement à rien. Il faut que le business continue à tout prix...
Critical Care Medecine : Effect of Statin Treatment vs Usual Care on Primary Cardiovascular Prevention Among Older AdultsThe ALLHAT-LLT Randomized Clinical Trial

17/05/2017 - Un taux de cholestérol LDL et de triglycérides élevé tue ? Ah, mince, c'est tout le contraire !

Une étude de juin 2015 a suivit 784 patients atteint d'infarctus aigu du myocarde et hospitalisés en unité de soins intensifs. Les scientifiques ont tenté de clarifier la relation entre les profils lipidiques et la mortalité à 30 jours chez ces patients ayant subi une crise cardiaque.
Les auteurs ont constaté que ceux avec des taux de cholestérol LDL et de triglycérides bas avaient un risque de mortalité significativement plus élevé comparativement à ceux ayant des taux de cholestérol LDL et de triglycérides élevés. En fait, un taux de cholestérol LDL inférieur à 110 mmg / dl et de triglycéride inférieur à 62,5 mmg / dl ont été identifiés comme valeurs seuil optimales pour prédire la mortalité à 30 jours.
Les taux de mortalité réels étaient de 23% chez les patients avec un niveau bas de LDL-cholesterol alors qu’il n’était que de 6% chez les patients avec un taux élevé de LDL-cholesterol, et 14% chez les patients ayant un taux de triglycérides faibles alors qu’il n’était que de 3% chez les patients ayant un taux de triglycérides élevés, respectivement.
Le taux de cholestérol LDL le plus bas était associé à une mortalité accrue de 65% et celui des triglycérides les plus bas était associé à une mortalité accrue de 405%. En outre, par rapport aux patients avec des taux de LDL-cholestérol > 110mg / dl et de triglycérides > 62.5 mg / dl, ceux avec des taux de LDL et de triglycérides inférieurs présentaient un risque accru de mortalité de 990% (ou 10.9x). Certes, se sont des % relatifs, mais à ces niveaux-là, on en peut pas les occulter !
Et pendant ce temps-là, dans tous les services de cardiologie, on donne des statines après un infarctus pour faire baisser le cholestérol.
Et pendant ce temps-là des gens meurent parce que les labos pharmaceutiques continuent, avec la bénédiction de toutes les instances médicales et gouvernementales (financées à grand coup de $ ou €), d'inonder le marché de leurs saloperies afin de gagner encore plus d'argent.
Critical Care Medecine : Lipid Paradox in Acute Myocardial InfarctionThe Association With 30-Day In-Hospital Mortality

17/05/2017 - Un clou chasse l'autre...

Marisol Touraine
Changement de gouvernement oblige, celle qui fut notre ministre de la santé durant 5 ans (belle longévité pour un ministre par les temps qui courent...) nous quitte pour d'autres horizons en laissant un bilan plutôt controversé par les professionnels de santé comme par les patients. Celle qui fut surnommée « Marifolle » ou encore plus simplement « M.S.T. » s'est plutôt fait remarquer par ses prises de positions dictatoriales (la vaccination, ça ne se discute pas) et ses bourdes, j'évoquerai, entre autre, les 100 millions d'euros que coûteront aux contribuables la reprise des invendus pour les débitants de tabac suite au passage au paquet neutre, les 1,5 € d'augmentation accordés au personnel hospitalier pour 10 heures de travail de nuit (0,15 centimes de l'heure, ce n'est même plus une aumône...) ou encore ses atermoiements concernant la cigarette électronique. Il faut dire que notre ministre faisant partie du club « Avenir de la santé », un groupe de pression financé par GlaxoSmithKline qui se trouve être le principal laboratoire produisant des patchs à la nicotine, il semblerait flotter comme un léger parfum de conflits d'intérêts....
Et donc cette dernière laisse la place à Agnes Buzyn dont la proximité avec les labos pharmaceutiques n'est plus à prouver. Mis à part le fait que son (bref) passage à la tête de la HAS n'ait pas laissé un souvenir impérissable, le fait que celle-ci considère les liens d’intérêt entre experts et laboratoires pharmaceutiques comme étant un gage de compétence ne laisse rien présager de bon pour la suite. Tous ces grands spécialistes vont rester des VRP à la solde des labos, la HAS va continuer de délivrer des AMM pour des médicaments de plus en plus chers et même pas plus efficaces et on va continuer avec la théorie du cholestérol qui tue et des statines sans aucun effets secondaires qui sauvent des vies.
Pas de quoi être un tant soit peu optimiste...

12/05/2017 - 30% des médicaments font l'objet d'une alerte de sécurité après leur AMM

Quasiment 1/3 des médicaments approuvés par la FDA ont fait l’objet d’une mise au point de sécurité (diffusion d’alerte, modification de la notice, retrait du médicament) post-AMM. Entre 2001 et 2010, la FDA a approuvé 222 nouveaux médicaments et il y eu 123 évènements de pharmacovigilance signalés (3 retraits, 61 avertissements sur les boites et 59 alertes de sécurité).
Ne croyez pas qu’en Europe nous soyons meilleurs puisque, pendant la même période, parmi les 184 médicaments dont la mise sur le marché avait été approuvée par l'EMA, 110 (28,8 %) avaient fait l’objet d’un signalement de sécurité post-AMM, se répartissant en 90 lettres aux prescripteurs et 5 retraits de produit.
Donc 30 % des médicaments mis sur le marché ont des effets indésirables qui sont totalement occultés des essais cliniques. Ce qui n’est guère étonnant, les alertes se produisent en moyenne 4,2 ans après l’approbation du médicament et très rares sont les essais cliniques à durer aussi longtemps (à l’image de l’essai « Fourrier » sur l’évolocumab qui n’a duré que 2 ans…), de plus les essais cliniques sont effectués sur des patients sélectionnés : après une phase de run-in au cours de laquelle les futurs patients vont être soumis soit à un placebo soit à un principe actif, tous ceux ne répondent pas ou mal au traitement, ou encore ceux chez qui les effets secondaires sont trop importants vont être exclus de l’essai clinique. Ce qui permet allègrement de minimiser les effets secondaires et de maximiser les bénéfices du traitement.
Rien ne doit perturber le business... Il faut vendre du médicament, beaucoup et rapidemment. Peu importe les conséquences pour les patients.
JAMA Network : Postmarket Safety Events Among Novel Therapeutics Approved by the US Food and Drug Administration Between 2001 and 2010
Wiley Online Library : Regulatory anticipation of postmarket safety problems for novel medicines approved by the EMA between 2001 and 2010: a cross-sectional study

09/05/2017 - Les statines provoque une hausse spectaculaires des troubles du dos

Histoire de bien contredire l'étude ci-dessous (laquelle, j'en profite pour le rappeler, à été entièrement financée et réalisée par Pfitzer...), une nouvelle étude (celle-ci non financée par un quelconque labo produisant des statines) a constaté que l'utilisation de statines était associée à un risque accrue d'avoir des problèmes de dos, y compris la spondylose, les troubles liés aux disques intervertébraux, les hernies discales et la sténose spinale. Ceci dans des proportions spectaculaires puisque pour ce cas précis, nous avons un NNH (Number needed to harm) de 17; autrement dit, en moyenne, sur 17 personnes prenant des statines, 1 sera atteinte de problèmes musculo-squeletique du dos.
On est bien loin des propos rassurants tenus par tous les sbires largement rémunérés par les labos produisant des statines...
Et encore dans cette étude ne sont évoqués que les problèmes de dos, alors que l'éventail des effets indésirable des statines est extrêmement large !
Je vous laisse aussi méditer sur cette étude qui, de mon point de vue, mérite beaucoup plus d'attention que celle (fantaisiste...) cité ci-dessous.
Et accessoirement, c'est la 200eme news que je poste sur ma page « Cardio-actus »...
Medscape France : Statin Use Increases Odds of Back Disorder: Cohort Study (accès gratuit après inscription)
The Lancet : Association of Statin Use With Risk of Back Disorder Diagnoses (Article complet payant)

07/05/2017 - Il paraîtrait que les effets secondaires des statines ne sont pas réels...

C'est ce que dit le compte-rendu paru sur Medscape à propos d'une étude publiée dans le Lancet.
En effet, il semblerait que les patients ne sachant pas qu'ils prennent des statines se plaignent moins d'effets secondaires que ceux qui le savent !
Alors, chers patients, arrêtez de vous plaindre inutilement ! Les effets secondaires des statines ne sont pas réels, tout est dans la tête.
Ceci dit, relativisons. Quel crédit apporter de la part d'une étude financée par Pfitzer, conduite par une fondation (theheart.org) fondée et financée par Pfizer, Servier Research Group et Leo Laboratories, et dont tous les membres sont rémunérés par AstraZeneca, Esteve, Ferrer, Merck, Mylan, and Sanofi, Amgen, Pfizer, Esperion, Lilly, Novartis, etc.
Je terminerai par un commentaire publié sur Medscape (et attribué à Upton Sinclair) : Il est difficile pour un homme de comprendre quelque chose, quand son salaire dépend du fait qu'il ne le comprend pas.
Je vous laisse méditer...
Medscape France : Muscle Pain Reported Mostly by Those Aware They're on Statins: ASCOT-LLC Analysis (accès gratuit après inscription)
The Lancet : Statin-associated muscle symptoms: beware of the nocebo effect

06/05/2017 - Suite de ma déclaration des effets indésirables des statines

Le 27/04/2017, j'ai fais une déclaration sur le site Portail de signalement des événements sanitaires indésirables concernant les effets secondaires que j'avais eu à subir lors de mes deux essais avec les statines.
Je viens de recevoir un mail comme quoi ma demande a bien été transmise :
Monsieur,
Nous avons bien reçu votre signalement de pharmacovigilance concernant la survenue de plusieurs troubles dont asthénie, état dépressif et allergie cutanée généralisée au cours d’un traitement par Crestor ® et vous en remercions.
Des réactions allergiques incluant des éruptions cutanées sont effectivement décrites au cours de traitements par Crestor®. Elles peuvent être dues au principe actif du médicament comme à l’un des excipients. Des cas d’asthénie et de fatigue sont également rapportés. Les épisodes dépressifs ne sont par contre pas un effet indésirable classiquement rapporté sous atorvastatine ou sous une autre statine (molécule de la même classe chimique).
Au total, le lien entre les signes cliniques que vous avez présentés et votre traitement peut être envisageable mais doivent être confrontés à votre dossier médical dans sa globalité.
Pour information, nous avons enregistré votre notification dans la Base Nationale de Pharmacovigilance sous le N° NCxxxxxxxx et cette dernière a été transmise à l’ANSM.

Concernant l'état dépressif, on peut effectivement dire que celui-ci n'est pas directement du aux statines mais, par contre, il est assurément une conséquence directe de l'asthénie et de la fatigue; se retrouver à vivre comme un légume est loin d'être excellent pour le moral...
Je vous encourage donc vivement à déclarer les effets indésirables que vous auriez pu ressentir à cause des statines. Moins de 1% de ceux-ci seraient enregistrés... alors déclarez massivement vos effets secondaires et faites-moi péter () cette base, que l'on en finisse avec l'aveuglement de toutes les instances médicales qui sous-estiment drastiquement les effets nocifs et délétères des statines (mais par contre surestime systématiquement le peu d'effet bénéfique de celles-ci...).
signalement-sante.gouv.fr : Portail de signalement des événements sanitaires indésirables

06/05/2017 - Enfin une étude qui fait du bien...

En effet, les auteurs de cette étude sont arrivés à la conclusion que la consommation de graisses saturées et le taux de cholestérol LD n’ont rien à voir avec les maladies cardiovasculaires et qu’il serait temps de faire cesser les messages prônant la réduction des lipides sériques ainsi que la réduction des graisses saturées alimentaires afin de réduire l’apparition des maladies coronariennes.
Les maladies coronaires sont dues à une inflammatoire chronique et elle peuvent-être réduite efficacement grâce à une nourriture saine et équilibrée ainsi qu’en marchant environ 22 minutes par jour.
Ils révèlent, en outre, qu’une analyse des données non publiées de la « Sydney Diet Heart Study » et de la « The Minnesota Coronary Experiment » ont révélé que le remplacement des graisses saturées par des huiles végétales contenant de l'acide linoléique, augmente le risque de mortalité malgré des réductions significatives du LDL et du cholestérol total (TC) et qu’un examen soigneux des études d’observation n’ont révélé aucune association entre la consommation de graisses saturées et la mortalité, qu’elle soit cardiovasculaire ou toutes causes, les maladies cardiovasculaires, l'accident ischémique ou le diabète de type 2 chez les adultes en bonne santé.
Une bonne hygiène de vie (régime méditerranéen, non-sédentarité, réduction du stress, etc.) est largement plus efficace que les statines et absolument sans aucun effets secondaires.
Voilà qui à le mérite d'être clair et va à contre-courant des communiqués commerciaux en provenance de tous ceux qui sont grassements payés par les labos pour dire le contraire...
BMJjournals : Saturated fat does not clog the arteries: coronary heart disease is a chronic inflammatory condition, the risk of which can be effectively reduced from healthy lifestyle interventions

01/05/2017 - L'art de la publicité déguisée...

Connaissez-vous ce qu'on appelle « le placement de produit » ? C'est lorsque dans un film, à l'occasion d'un plan plus ou moins précis, on vous montre un logo (ou carrément une marque précise) à des fin publicitaires. Je connaissais ce principe pour les voitures, les ordinateurs, les vêtements, etc. Mais figurez-vous qu'une fidèle visiteuse de mon site (j'en profite pour la saluer en passant...) m'a signalé ce genre de pratique pour un médicament anti-cholestérol...
Il s'agit du film « Saint-Jacques...la Mecque » où, à 44'22" du début du film, on voit Jean-Pierre Daroussin assis devant une table sur laquelle sont empilées de nombreuses boites de médicaments. Il est très difficile de voir de quels médicaments il s'agit, sauf pour une boite bien en évidence sur le devant de la pile. Bien que celle-ci soit à l'envers et que le nom ait été légèrement modifié (je rappelle que la publicité pour tout médicament remboursable par la Sécurité Sociale est interdite), le graphisme et les couleurs de l'emballage sont en touts points conformes à l'original.
J'ai regardé pour d'autres médicaments, tel celui dont le nom commence par « Imos... » (juste à gauche du Tahor), le seul médicament référencé sous ce nom est l'IMOSEPTYL, dont le design ne ressemble en rien à celui affiché dans le film, quant à l'ADVIL (en bas à droite), celui-ci étant en vente libre, la publicité en est autorisée.

Ci-dessous l'image extraite du film et à côté la boite en question replacée dans le bon sens :
Image du film Saint-Jacques... la mecque
La fameuse boite de Tahor

Et ci-dessous la boite originale du TAHOR 40 :
Boite de Tahor

Étonnant, non ?
LEEM : Publicité pour les médicaments : les règles du jeu

30/04/2017 - Documentaire « Pièces à conviction » Médicaments : effets secondaires ou mortels ? :

J’ai regardé sur FR3 le documentaire « Pièces à conviction » Médicaments : effets secondaires ou mortels ? (hélas, plus disponible en replay) et je peux vous assurer que c’est tout simplement effrayant le peu de cas que les labos et toutes les hautes instances gouvernementales font de notre santé et de notre vie !
Le documentaire démarre par un comte-rendu sur le désastre de l’essai clinique effectué par le laboratoire Biotral début 2016 pour le compte du groupe pharmaceutique portugais Bial et qui avait conduit à l'hospitalisation de six volontaires par le CHU de Rennes (l'un d'entre eux est mort et quatre ont subi des lésions cérébrales irréversibles).
Le plus surprenant étant que lors des essais cliniques, plusieurs tests ont déterminé une augmentation conséquente de la mortalité sur 4 races d’animaux (souris, rats, singes et chiens). Ce qui n’a hélas absolument pas alarmé l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) chargée de la validation de cet essai clinique, laquelle, lors d’une enquête interne consécutive à cette tragédie, a non seulement écarté la personne en charge du rapport et ayant fait remonter cette information mais a aussi effacé du rapport toute mention sur ce sujet !
Pour clore cet épisode, la palme du cynisme revient au directeur du laboratoire Biotral qui affirme, avec un aplomb déconcertant, qu’il ne se sentait pas responsable car c’était aux patients de ce test à alerter des effets secondaires du produit dès leur apparition. Propos d’autant plus inadmissible que l’essai a continué même après l’hospitalisation du premier patient et que l’arrêt du test a été décidé bien après que les autres patients aient commencé ressentir des troubles.
S’ensuit un panorama des effets indésirables de nombreux médicaments, tels le Médiator ou la Dépakine (on y survole les statines avec le Crestor et ses effets diabétogènes…). On y apprend notamment que la liste des effets indésirables inscrite sur les notices est uniquement là que pour protéger les labos de toute action judiciaire. Si vous avez à subir un effet secondaire inscrit sur la notice (y compris en cas de décès!), le labo peut dégager sa responsabilité car il vous appartient de lire celle-ci et d’adapter votre comportement en conséquence.
Le documentaire embraye ensuite sur le cas du Pradaxa, un anticoagulant arrivé sur le marché en 2008 et prescrit pour prévenir les embolies, infarctus, phlébites et accidents vasculaires cérébraux.
Première anomalie, le médicament coûte 70 euros la boite, par rapport au Préviscan (anticoagulant de la précédente génération) qui coûte 12,50 euros. Ensuite il provoque une augmentation des hémorragies mortelles (230 morts en France à ce jour, 540 aux Etats-Unis) alors qu’il n’existait aucun antidote connus pour les hémorragies dues au Pradaxa (ce qui n’était pas le cas du Previscan).
Malgré plusieurs notes internes faisant remonter cette augmentation de la mortalité, l’Agence Européenne du Médicament, puis l’ANSM valide la mise sur le marché de ce produit.
Concernant l’ANSM, parmi le comité ayant validé la mise sur le marché du Pradaxa, nous y retrouvons le Pr Jean-Yves LE HEUZEY travaillant (entre autres labos…) depuis plus d'une vingtaine d’années pour le laboratoire Boehringer Ingelheim (qui produit le Pradaxa...). Le journaliste parvient, lors d’un congrès, à lui demander si ses liens d’intérêts avec le labo Boehringer Ingelheim n’ont pas influencé son objectivité.
Je vous livre telle-quelle la réponse du Pr Jean-Yves LE HEUZEY : pouet pouet.
Alors là, je dis bravo, monsieur LE HEUZEY. Sincèrement bravo ! Il s’agit d’un médicament ayant provoqué 230 morts en France, dont vous avez approuvé la mise sur le marché alors qu’il subsistait de fortes présomptions (qui, hélas se sont confirmées depuis) d’augmentation de la mortalité et dont on peut légitimement se poser la question de savoir si votre décision n’a pas été influencée par vos liens financiers avec Boehringer Ingelheim, d'autant plus que vous avez été mis en cause dans le livre du Pr Even « Corruptions et crédulité en médecine », lequel vous considère comme l'un des 6 cardiologues les plus corrompus de France. Et vous répondez pouet pouet. Réponse même pas digne d’un enfant de 5 ans …
Vous vous rendez compte :
Mr le Président, que pensez-vous de la menace de la Corée du Nord sur la paix mondiale ?
- pouet pouet
Mr le président, que pensez-vous de l’augmentation des actes de terrorismes en Europe ?
- pouet pouet
Il serait peut-être temps d’interdire tout poste à responsabilité (je rappelle que ce monsieur est président de la SFC, voir ce que je pense de cette institution ici..) à ce genre d’individu sénile et vénal.
Je terminerai ce compte-rendu par une phrase d’un avocat spécialisé dans l’aide aux victimes des médicaments qui concluait que les labos pharmaceutiques ne sont en aucun cas des entreprises philanthropiques et que leur seul but est de faire un maximum de profits, même si les moyens pour y parvenir s’écartent bien souvent de l’éthique et de l’honnêteté qu’il conviendrait de garder lorsqu’il s’agit de la santé et de la vie des patients.
FR3 : Pièces à conviction". Médicaments : effets secondaires ou mortels ?
APMnews : Les six cardiologues mis en cause par Philippe Even lui répondent dans L'Express

28/04/2017 - C'est une catastrophe, moins de 42% des patients prennent leurs statines régulièrement !

C'est la conclusion de cette étude rétrospective sur l'adhésion à un traitement par statines à forte dose suite à un infarctus du myocarde. Celle-ci à retrouvé qu'au bout de deux ans, chez des patients agés de 66 à 75 ans et plus de 75 ans, seulement 58,9 et 41,6 % de chaque groupe respectivement prenaient leurs statines régulièrement, entre 8,7 et 19,1 % les prenaient irrégulièrement et entre 12,4 et 18,8 % les avaient arrêtés totalement.
La conclusion de cette étude est sans appel : Beaucoup de patients à qui l'on prescrit des statines à haute dose suite à un infarctus du myocarde ne continuent pas à prendre ce médicament régulièrement à 2 ans après la début de la prescription. Des actions sont nécessaires pour augmenter l'utilisation et l'adhésion à un traitement par statines à haute dose après un infarctus du myocarde.
Feraient mieux de se demander pourquoi de plus en plus de patients cessent de prendre ces saloperies !
Bref, chers amis patients, attendez-vous d'ici peu à une pression accrue de la part des médecins et cardiologues pour vous pousser à bien prendre vos statines...
J'en profite pour vous rappeler deux éléments importants :
  1. l'Article R.4127-36 du code de la santé publique qui stipule :  Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas. Lorsque le malade, en état d'exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposés, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences. 
  2. Le lien pour déclarer les effets indésirables des statines : Portail de signalement des événements sanitaires indésirables

JAMA Cardiology : Adherence to High-Intensity Statins Following a Myocardial Infarction Hospitalization Among Medicare Beneficiaries

27/04/2017 - Déclaration des effets secondaires indésirables des statines :

Je viens de déclarer les effets secondaires du Crestor et du Tahor dont j'ai eu à subir la nocivité suite à ma coronarographie de 2011 sur le nouveau site officiel : Portail de signalement des événements sanitaires indésirables. Je vous encourage vivement à faire de même, la procédure est extrêmement simple et permettra, je l'espère, d'obliger enfin le corps médical à reconnaître la nocivité des statines et autres produits du même acabit.
Plus nombreux nous serons à déclarer d'effets secondaires indésirables dus aux statines, plus les hautes instances médicales seront obligées d'en tenir compte.
Aussi je lance un appel à tous les visiteurs de mon site : allez sur ce site, déclarez les effets secondaires indésirables dont vous avez été victimes, qu'on en finisse enfin avec l'hégémonie de ces merdes...
signalement-sante.gouv.fr : Portail de signalement des événements sanitaires indésirables

13/04/2017 - Comment-ça, les statines n'ont pas d'effets secondaires sur le long terme ?

Suite à l'article ci-dessous, j'ai ajouté 20 études (pages 1001 raisons..., , Effets secondaires des statines, Effets secondaires de l'ézétimibe) concernant les risques de démence, dépression et suicides à cause d'un taux de cholestérol bas ou des statines / ézétimibe.
Ces dernières études, ajoutées à celles déjà existantes, confirme mes conclusions concernant l'aveuglement de ces messieurs !

11/04/2017 - Allodocteurs et l'art de la désinformation :

Au hasard de mes pérégrinations sur internet, je suis tombé (Que diable allait-il faire dans cette galère ?...) sur un article récent (mars 2017) du site « Allodocteurs » intitulé « Cholestérol : quelle solution en cas de mauvaise tolérance aux statines ? ».
Pour commencer, je suppose que vous connaissez Allodocteurs ? Mais si, c’est le magazine de la santé sur la 5 où officient les deux comiques médecins (ou l'inverse...). Cette émission, à l’instar de Doctissimo, étant à la médecine ce que McDO est la cuisine traditionnelle française…
Bref, dans ce court (publi)reportage, 2 intervenants, le Dr Philippe Giral (lipidologue) et le Pr François Schiele (chef du service de cardiologie du CHU de Besançon) font un éloge panégyrique des statines.
Je ne m’étendrais pas sur les propos du premier intervenant dont les liens d’intérêts feraient pâlir de jalousie n’importe quel stipendiaire (j’ai vérifié, il émarge auprès de tous les labos produisant des statines…) et dont les propos sont plus que fortement orientés :Ces molécules ne sont pas forcément bien tolérées. L'effet est réversible dès l'arrêt des statines. On ne garde pas de séquelles.. Faudrait que ce monsieur aille expliquer ça à tous ceux qui sont devenus diabétiques à cause des statines (entre autres effets secondaires invalidants et durables).
Mais le summum, ce sont les propos de son confrère qui se permet, sans vergogne, d’asséner de manière péremptoire : Concernant l'effet à long terme des statines, il n'y a pas d'effet particulier mis à part de faire baisser le taux d’infarctus. Il n'y a pas d'épuisement d'efficacité, il n'y a pas plus de cancer, il n'y a pas plus de démence….
Soit ce monsieur ne lit jamais un essai clinique, en quel cas je l’encourage vivement à visiter mes pages effets secondaires de statines et 1001 raisons de ne pas faire baisser son cholestérol ainsi que les compte-rendus des divers essais cliniques des statines, soit ce monsieur est complètement lié aux industries pharmaceutiques, ce qui occulte gravement sa faculté de réflexion.
À voir ce que dit le site du FORMINDEP au sujet de ce monsieur, je pencherai pour la deuxième solution (ce qui n’exclue pas non plus la première...).
Allodocteurs : Cholestérol : quelle solution en cas de mauvaise tolérance aux statines ?
FORMINDEP : Des conflits d’intérêts cachés devant un million de téléspectateurs
Base Transparence Santé : Base de données publique Transparence Santé

05/04/2017 - La Haute Autorité de Santé (HAS) à sorti son nouveau guide « Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge » :

Et vous savez quoi ? À part le nom qui à changé (le cholestérol étant fortement sujet à polémiques, on parle maintenant de dyslipidemie...), rien de nouveau sous le soleil...
Je résume : un taux de cholestérol LDL de plus en plus bas et des prescriptions de statines élargies et en augmentations !
Bref, ce document n'est qu'un document publicitaire au service des labos pharmaceutique et faisant l'apologie d'une utilisation accrue des statines...
Mais le point où l'on atteint vraiment le summum de l'acharnement dans la connerie est le chapitre dans lequel le document propose, si les objectifs de baisse du cholestérol LDL ne sont pas atteints, de complémenter le traitement avec de l'ézétimibe, des fibrates ou encore de la niacine. D'autant plus curieux que cette même HAS, dans son GUIDE DU PARCOURS DE SOINS Maladie coronarienne stable, émis en septembre 2014 et réactualisé en juillet 2015, a reconnu elle-même que ces produits n'ont strictement aucune efficacité. Je cite : Les autres traitements (fibrates, résines, acide nicotinique, ézétimibe) peuvent réduire le cholestérol LDL, mais aucun avantage lié à ces alternatives n’a été montré en termes de prévention secondaire des complications de l'athérosclérose.
La base Base de données publique Transparence Santé étant en maintenance depuis plusieurs jours, je n'ai pu examiner les conflits d'intérêts des principaux instigateurs de ce rapport mais de toute façon, on peut allègrement en conclure que les lobbies pharmaceutiques ont bien fait leur travail....
HAS : Principales dyslipidémies : stratégies de prise en charge
FORMINDEP : Conflits d’intérêts : La mauvaise graisse de la HAS

29/03/2017 - Monsanto travaille pour notre santé. Exactement comme les labos pharmaceutiques ???

Une nouvelle information commence à faire du bruit : suite à une « class action », la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde. Le pire étant que la veille même, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) annonçait qu’elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni même mutagène – c’est-à-dire capable d’engendrer des mutations génétiques.
Ces mêmes documents prouvent que, bien avant l'ECHA, Monsanto avait bénéficié de l'appui de l'Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate.
Une fois de plus, nouvelle démonstration de la collusion des grands industriels avec les différentes agences gouvernementales. Cette fois-ci, il s'agit de Monsanto, mais je ne doute pas que l'on puisse remplacer Monsanto par n'importe quelle industrie pharmaceutique et l'ECHA par n'importe que officine gouvernementale !
Je vous conseille de relire cet article, hélas toujours d'actualité, de Michèle Rivasi appelant à une opération main propre sur la santé.
Je me permets de citer quelqu'uns de ses propos :
Le Monde : Ce que les « Monsanto Papers » révèlent du Roundup
Michèle Rivasi : APPEL POUR UNE OPÉRATION MAINS PROPRES SUR LA SANTÉ
Le Monde : Michèle Rivasi appelle à une opération mains propres dans la santé

29/03/2017 - Statines et diabète, c'est de pire en pire !

Une étude australienne suivant pendant plus de 10 ans des femmes âgée de plus de 75 ans a détecté pour celles-ci, en moyenne, un sur-risque de diabète de 33% sous statine, atteignant 50% avec les plus fortes doses. Ce qui correspond à 5% des femmes sous statines qui ont développé un diabète. On est loin des 5 pour 1000 cas reconnus par l'ANSM dans son rapport « Statines et risque de diabète ».
La conclusion de l'étude est sans équivoque : Les femmes âgées ne devraient pas prendre de fortes doses de statines compte-tenu de l’effet dose-réponse des statines sur l’apparition d’un diabète. Et celles qui sont sous statines doivent être surveillées avec attention et bénéficier d’un dosage régulier de la glycémie et d’une gestion appropriée de cet effet secondaire. Une dé-prescription peut aussi être envisagée.
Springer : New-Onset Diabetes After Statin Exposure in Elderly Women: The Australian Longitudinal Study on Women’s Health (accès payant à l'étude complète)
Medscape France : 33% de sur-risque de diabète sous statine chez la femme âgée (accès gratuit après inscription)

25/03/2017 - Étude Fourier, suite...

Ayant déjà un peu fouillé l'étude Fourier faisant le panégyrique de l'évolocumab, j'ai creusé plus sérieusement celle-ci.
Quelques éléments plutôt surprenants (entre autres...) : Le reste ci-dessous :
Maladies cardiovasculaires, cholestérol et statines : le grand mensonge : Trial FOURIER

21/03/2017 - Un article plein de bon sens sur MEDSCAPE, écrit par un cardiologue américain (Robert DuBroff) :

Celui-ci pense qu’il serait temps de sérieusement remettre en cause la théorie du cholestérol et développe en ce sens de nombreux arguments : Bref, encore un coup de pied dans la fourmilière...
Allez, encore un peu de temps et on aura droit au méa culpa de l'industrie pharmaceutique, jurant la main sur le cœur que pour le cholestérol, il ne savait pas...
MEDSCAPE USA : Cholesterol Paradox: A Correlate Does Not a Surrogate Make (Accès avec inscription gratuite)

19/03/2017 - L'étude FOURIER sur les inhibiteurs de la PCSK9 est un franc succès : Arrêtons de prendre les patients pour des abrutis...

Donc, ça y est, nous avons enfin les résultats de l'étude clinique FOURIER d'AMGEN sur l'évolocumab (Repatha®). Je vous passe les sempiternels commentaires dithyrambiques et les publireportages que l'on peut trouver sur les divers sites sponsorisés par l'industrie pharmaceutique pour s'attarder sur les résultats fournis par AMGEN (transparence, mais pas trop... Il ne faudrait pas jeter en pâture les données brutes, au cas où celles-ci tomberaient en de mauvaises mains !). Je rappelle que cette étude testait l'efficacité d'un mélange statines + évolocumab versus statines + placebo (donc avec statines dans les 2 cas).
Je vous préviens, je me lâche...
Tout d'abord, il faut noter que l'étude a été interrompue prématurément au bout de 26 mois (au lieu des 4 ans prévus initialement) et si l'on examine le graphique concernant l'efficacité des points de terminaison primaires et secondaires, il est étonnant de constater que l'étude s'est terminée alors que les courbes commençaient à se rapprocher (ce que l'on avait déjà pu observer dans l'étude Jupiter, de sinistre mémoire...).
Où l'on observe un rapprochement des courbes d'efficacité dans l'étude FOURIER

Dans le « Supplementary Appendix », on peut aussi noter que l'augmentation des décès dans le groupe évolocumab est en pleine augmentation la deuxième année... De quoi justifier l'arrêt prématuré de l'étude ?


Concernant la baisse du cholestérol, les niveaux atteints sont incroyablements bas : environ 0,30 mg/dl de cholestérol LDL. Une simple référence aux études concernant la relation entre cholestérol et mortalité (voir en page Le cholestérol) démontre que, sur une durée de 10 ans (et donc autrement plus conséquente que les 2 années de cette études), l'on vit plus vieux et en meilleur santé avec un taux de cholestérol élevé et qu'à contrario, un taux de cholestérol bas augmente la mortalité générale (et plus celui-ci est bas, plus la mortalité augmente)...
Ensuite passons aux chiffres.
Le critère d'efficacité primaire était composé de plusieurs éléments comportant décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde, AVC, hospitalisation pour angor instable ou revascularisation coronarienne, le critère d'efficacité secondaire étant composé de décès cardiovasculaires, infarctus du myocarde ou AVC. Manque plus que les corps aux pieds et les rages de dents...
Je vous passe les pourcentages relatifs toujours très avantageux pour les labos et vous encourage à consulter le tableau ci-dessous :
Évolocumab & statine Placebo & statine Efficacité en pourcentage absolu Efficacité en pourcentage absolu annuel
Nbre Nbre % %
Primary end point (Cardiovascular death, myocardial infarction, stroke, hospitalization for unstable angina or coronary revascularization) 1344 1563 1,59% 0,72%
Cardiovascular death 251 240 -0,08% -0,04%
Myocardial infarction 468 639 1,24% 0,56%
Stroke 207 262 0,40% 0,18%
Hospitalization hospitalization for unstable angina 236 239 0,02% 0,01%
Coronary revascularization 759 965 1,50% 0,68%

Je m'abstiendrai de détailler les critères secondaires qui sont exactement du même acabit et n'apportent rien de plus.
J'oserai dire : tout ça pour ça ! D'autant plus que l'on peut noter une légère augmentation de la mortalité toutes causes et cardiovasculaires dans le groupe évolocumab... Le comble concernant un médicament censé la réduire !
Quant au coût du traitement concernant des chiffres aussi ridicules (actuellement 15 000€ le coût annuel de traitement / personne), ça nous fait (annuellement) un coût de 2,6 millions d'euros pour éviter un infarctus, presque 8,5 millions d'euros pour éviter un AVC, 150 millions d'euros pour éviter une hospitalisation pour angor instable et 226 millions d'euros pour éviter un décès par AVC !
Combien le coût annuel du régime méditerranéen pour des résultats autrement plus performants ?
Est-ce qu'un jour on va arrêter d'imposer des médicaments inutiles et dangereux juste pour protéger les bénéfices des industriels ?
Ces messieurs les actionnaires des labos pharmaceutiques peuvent dormir tranquille, les affaires reprennent...
NEJM : Evolocumab and Clinical Outcomes in Patients with Cardiovascular Disease

18/03/2017 - Un miracle et une victoire du bon sens sur l'industrie agroalimentaire !

Notre ministre de la santé, que l'on sait coutumière des pires conneries, vient d'avoir une illumination et a enfin pris (miracle) une bonne décision : le format retenu pour l'étiquetage nutritionnel simplifié des aliments sera le Nutri-Score, un étiquetage qui fonctionne avec 5 couleurs. À 1 mois des élections et de la perte probable de son poste de ministre, il était enfin temps qu'elle prenne la seule bonne décision de sa carrière...
Pour ceux qui n'ont pas suivi l'histoire depuis le début, un groupe de chercheurs de l'Inserm a étudié un étiquetage nutritionnel calculé en fonction de composantes négatives (énergie, sucres simples, acides gras saturés et sodium) et de composantes positives (fibres, protéines, catégorie spécifique d’aliments tels que fruits/légumes/fruits à coque). Tout ceci traduit en 5 couleurs qui vont du vert à l'orange. Bref simple, efficace et compréhensible par tout un chacun.
Mais c'était sans compter sur l'industrie agroalimentaire qui, sous le fallacieux prétexte de défendre le « bien manger » (surtout continuer à vendre leur merde...), ont tout fait pour torpiller cette bonne idée. Et je te crée des associations bidons (bien évidemment entièrement subventionnées par eux), et je t'y invite tous les hommes politiques et élus que je peux corrompre, et je te crie au scandale comme quoi on veut tuer la bonne chère française (c'est vrai que les chips ou la pizza surgelée bas de gamme, comme nourriture traditionnelle française...), et je te ponds un affichage concurrent complètement incompréhensible pour brouiller les pistes !
L'obésité est un problème de santé mondial et qui ne fait qu'empirer. Mais il ne faudrait tout de même pas que l'amorce de la plus petite solution puisse perturber le chifre d'affaire de ces messieur dont le seul intérêt est de continuer à vendre leur produits de merde en toute impunité...
Bref, après plusieurs années d'une bataille homérique, la démission de plusieurs experts (écœurés par les conflits d'intérêts flagrants des autres membres avec l'industrie agroalimentaire) ainsi qu'une pétition qui a réuni plus de 250 000 signatures, notre ministre de la santé a enfin tranché le 17 mars 2017 : ce sera le Nutri-score. Seul bémol, à cause des règles européennes, celui-ci ne sera que facultatif et donc à la discrétion et au bon vouloir du fabricant.
J'espère seulement que les acheteurs de ces produits vont privilégier ceux avec cet affichage nutritionnel (et bien évidemment ceux tirant au vert...) obligeant ainsi, de fait, les industriels à s'y conformer.
Passeport Santé : Étiquetage alimentaire : un code couleur validé par le gouvernement
Le Parisien : ÉMarisol Touraine dévoile le nouveau logo nutritionnel
ANSES : Évaluation de la faisabilité du calcul d’un score nutritionnel tel qu’élaboré par Rayner et al.

12/02/2017 - Les inhibiteurs de PSCK9 qui n'ont toujours pas prouvé une quelconque efficacité versus un cholestérol élevé qui sauve des vies !

Je viens de faire une revue de tous les essais cliniques sur les inhibiteurs de PSCK9.
Toutes ces études ayant pour but de démontrer que ces derniers font fortement baisser le cholestérol, il n'est fait aucune évocation d'une quelconque réduction des maladies cardiovasculaires; même pour l'étude « ODYSSEY COMBO II » qui a pourtant durée 2 ans. Il faut se souvenir que l'étude JUPITER a été arrêtée prématurément au bout de seulement 19 mois, les résultats de celle-ci dépassant (soi-disant... avec 0,04% de réduction annuelle de la mortalité...) les prévisions les plus optimistes. Par contre, on peut éventuellement noter entre 70 et 80% des patients de tous les groupes qui ont ressenti des effets secondaires indésirables...
Bref, toujours aucuns résultats probants concernant la réduction des MCV à ce jour. AMGEN vient de publier un communiqué spécifiant que les résultats de son essais clinique FOURIER seront disponibles lors de la 66ᵉ session de l'American College of Cardiology (ACC) qui aura lieu le 17 mars 2017. De quoi faire monter la pression d'ici là (ainsi que les actions AMGEN ???)
Donc les inhibiteurs de la PCSK9 font fortement baisser le cholestérol LDL, beaucoup plus qu'avec statines + ezetimibes. Ce à un point tel qu'en mélangeant les 3 produits (anti-PCSK9 + statines + ezetimibe, bravo le cocktail !), on peut arriver à des taux de LDL-C inférieurs à 0,25g/l de LDL-C. Le communiqué d'AMGEN à ce sujet n'est pas des plus rassurants : Bien que les conséquences néfastes des LDL-C très faibles n'aient pas été identifiées dans ces essais, les effets à long terme de niveaux très bas de C-LDL induite par Repatha ® sont inconnus. Inquiétant, tout de même, de savoir que l'on va inonder le marché d'un produit dont personne ne sait évaluer les conséquences à long terme !
Ces produits font donc fortement baisser le LDL-C mais nulle part je n'ai trouvé trace du niveau de cholestérol total atteint lors de ces études (vous allez voir où je veux en venir...) mais si je fais référence à la méthode de Friedewald servant à calculer le taux de cholestérol LDL (LDL-cholestérol = cholestérol total – HDL-cholestérol – triglycérides/2,2), logiquement si on fait baisser le cholestérol LDL, le taux cholestérol total doit baisser lui aussi.
Si je me réfère à l'étude Plasma cholesterol, coronary heart disease, and cancer in the Renfrew and Paisley survey qui s'est étendue sur une durée de 10 années, mais surtout au magnifique graphique ci-dessous qui la résume :
Dix ans incidence des maladies cardiovasculaires fatales pour 1000 personnes/années dans la population du Nord-Trøndelag (HUNT 2 study)

Mort / lOOO années-patient par rapport aux valeurs de cholestérol plasmatique après ajustement pour l'âge, l'indice de masse corporelle, la tension artérielle diastolique, le tabagisme et la classe sociale.
La ligne pointillée (0---0) représente les décès dus à une cardiopathie coronarienne ajustée pour l'âge seulement; un ajustement supplémentaire pour l'indice de masse corporelle, la pression diastolique, le tabagisme et la classe sociale n'a eu que peu d'effet. Le meilleur ajustement pour chaque pente est linéaire par analyse de régression logistique, sauf pour toutes les causes de mortalité chez les femmes, qui était curvilinéaire.
«Valeurs P» se rapportent aux tendances sur les cinquièmes des concentrations plasmatiques de cholestérol.

Même si l'augmentation de la mortalité cardiovasculaire est corrélée avec celle du cholestérol, on peut constater que globalement la mortalité toute cause diminue avec un taux de cholestérol un peu élevé, et reste stable même avec un taux de cholestérol franchement élevé (pour info : 6,6mmol = 2,55 g/l et 7,3 = 2,78 g/l), sauf pour les femmes mais à partir d'un seuil beaucoup plus élevé. Le taux idéal se situant (si l'on se réfère à la mortalité globale, la plus intéressante...) approximativement entre 5,6 et 6,6 mmol (2,16 et 2,55 g/l) pour un homme et à 7,2 mmol (2,78 g/l) pour une femme.
Par contre, si l'on regarde la progression de la courbe vers la gauche, on n'ose imaginer ce que peut donner la progression de cette même courbe en fonction des taux de cholestérol largement inférieurs à 5 mmol tels que ceux atteint grâce aux nouveaux médicaments hypocholestérolémiants (inhibiteurs de la PCSK9) !
Il faut aussi savoir que cette étude s'est étendue sur une duré de 10ans, soit beaucoup plus que la plupart des études qui ne durent qu'entre 6 mois et 2/3 ans. Sachant qu'un cancer met parfois plusieurs décennies à se développer, il est évident que la plupart des études préalables à la mise sur le marché d'un nouveau médicament ne détecteront rien du tout...
Quant à pouvoir prouver d'ici 15 ou 20 ans les effets délétères de cette baisse contre-nature du cholestérol, je ne doute pas que la pléthore d'avocats (fortement rémunérés...) d'AMGEN auront à cœur de démontrer qu'il n'y a strictement aucune relation et que leur produit n'est absolument pas concerné...
Et puis, pour continuer dans le cynisme, on à jamais vu un mort se constituer partie civile lors d'un procès !
BMJ : Plasma cholesterol, coronary heart disease, and cancer in the Renfrew and Paisley survey
AMGEN : Amgen Announces Repatha® (Evolocumab) Significantly Reduced The Risk Of Cardiovascular Events In FOURIER Outcomes Study

29/01/2017 - Où l'on reparle des fibrates !

La revue « Prescrire » vient de publier son guide « Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan 2017 » dans lequel elle étale la liste des médicaments plus dangereux qu'utiles qu'il faut impérativement éviter de consommer.
Dans cette liste de 91 médicaments (dont 82 commercialisés en France), on y retrouve bien évidemment les fibrates :Le bézafibrate (Befizal), le ciprofibrate (Lipanor ou autre) et le fénofibrate (Lipanthyl ou autre), des hypocholestérolémiants sans efficacité préventive cardiovasculaire au-delà d’un effet placebo, ex­posent à de nombreux effets indésirables, notam­ment cutanés, hématologiques et rénaux.
Par contre ils considèrent que le gemfibrozil (Lipur) serait le seul qui ait une certaine efficacité démontrée sur les complications cardiovasculaires de l’hypercholes­térolémie. Mais à condition de surveiller étroite­ment la fonction rénale et l’activité CPK sérique.
Pour info, j'ai analysé un seul essai clinique sur le gemfibrozil et bien que celui-ci démontrait effectivement une légère baisse des maladies cardiovasculaires, il démontrait surtout une augmentation conséquente de la mortalité toutes causes et autre que cardiovasculaire...
Donc prenez du gemfibrozil (Lipur) et vous aurez le plaisir de mourir plus vite, mais avec des artères en bon état !
Prescrire : Pour mieux soigner, des médicaments à écarter : bilan 2017

24/01/2017 - Un fort taux de HDL est très mauvais pour la santé !

Ça, on le savait déjà depuis le fiasco des études sur les inhibiteurs de la CETP mais c'est ce que vient de confirmer l'étude canadienne CANHEART qui a analysé les données provenant de 17 bases de données distinctes et concernant 631 000 individus sur 5 années, .
L'analyse fait ressortir qu'un faible taux de HDL (< 0,51 g/L) est bien corrélé à un accroissement de la mortalité toutes causes confondues. A l’opposé, un niveau de HDL élevé est associé à une majoration de la mortalité non cardiovasculaire, pour un HDL > 0,70 g/L chez les hommes et un HDL > 0,90 g/L chez les femmes.
Il est aussi surprenant de constater que le bénéfice d'un taux de cholestérol HDL élevé est des plus modestes vis-à-vis des maladies cardiovasculaires et que dans l'ensemble, les personnes avec un niveau élevé de HDL ont se trouvaient parmi ceux qui faisaient le plus de sport, avaient moins de triglycérides, moins de diabète, moins de cholestérol LDL, un IMC idéal, et mangeaient plus de fruits et de légumes que les personnes dont le niveau de cholestérol HDL était situé dans les fourchettes moyennes et inférieures...
D'autre part, que ceux qui ont un taux de cholestérol HDL élevé se rassurent, la grande majorité des personnes dans chaque catégorie de HDL, même les plus élevées, ne sont pas mortes. Même les personnes atteintes de HALP (Abréviation pour hyperalphalipoprotéinémie) génétique peuvent être en bonne santé. Les personnes décédées dans les catégories à haut taux de HDL étaient des personnes souffrant d'alcoolisme, de HALP induite par la drogue et d'HALP génétique mal gérée.
The Science of Human Potential : The CANHEART study: Is higher HDL better? It depends, but the answer is yes.

03/01/2017 - Début d'année en fanfare !

Les loups se bouffent entre eux :

Une juge fédérale américaine a prononcé jeudi une interdiction des ventes de l'anti-cholestérol Praluent commercialisé par Sanofi et son partenaire américain Regeneron Pharmaceuticals, répondant ainsi à la demande du laboratoire Amgen qui les accuse de violation de brevets.
Donc je résume : Pfitzer a stoppé le développement de son inhibiteur de la pcsk9 (bococizumab), Sanofi et Regeneron n'auront plus le droit de commercialiser le leur (Praulent) sauf accord financier (se chiffrant en millions de dollars...) et AMGEN restera le seul sur le marché. Ce n'est pas ça qui va faire baisser les prix de ce produit qui, rappelons-le, commence à être prescrit alors qu'il n'a toujours montré aucune efficacité à réduire les maladies cardiovasculaires...

Coca-Cola dans la tourmente :

Suite à la découverte de la corruption effectuée par Coca-Cola auprès des scientifiques afin de minimiser les effets des sucres cachés sur les maladies cardiovasculaires, Coca-Cola et l'Association des fabricants de boissons non alcoolisées sont poursuivies par un groupe sans but lucratif pour avoir présumément minimisé les risques associés à la consommation de sucre, et ce, dans le but de faire augmenter leurs ventes.

Radio-Canada : Coca-Cola poursuivie pour avoir minimisé les effets néfastes du sucre
ZoneBourse : Sanofi : La justice US bloque les ventes du Praluent de Sanofi/Regeneron