Après le Mediator et la Depakine, voici venir l’Androcur

L’Androcur (acétate de cyprotérone) est un médicament utilisé dans certains cancers de la prostate et surtout pour des formes majeures d’hirsutisme féminin (idiopathique, syndrome des ovaires polykystiques). Il est donc majoritairement prescrit chez les femmes.
Or ce produit est connu pour provoquer une augmentation de méningiome, tumeur en général bénigne, qui se développe à partir des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière (les méninges). Ces tumeurs peuvent parfois régresser à l’arrêt du traitement mais peuvent aussi nécessiter une intervention chirurgicale ; les méningiomes sont des tumeurs très vascularisées et donc avec un risque hémorragique opératoire et post opératoire important.

En 2009, sur la base d’une publication du Pr Froelich la France a émis un état d’alerte mettant en évidence une association entre l’acétate de cyprotérone et la survenue de méningiomes. La notice, quant à elle, a été modifié en 2001 afin de mettre en évidence cet état de fait.
La France représentant 60 % des ventes d’Androcur (la fameuse exception française…), il n’est donc pas étonnant que 80 % des cas de méningiomes observés dans la base de pharmacovigilance européenne soient des cas français. Le risque est multiplié par plus de 20 au-delà d’une dose cumulée de 60 g, soit environ 5 ans de traitement à 50 mg/j ou 10 ans de traitement à 25 mg/j (lorsque le traitement est pris 20 jours par mois).

Une fois de plus, cela démontre les limites des essais cliniques qui, déjà bien loin de la réalité des conditions réelles de traitement (sélection rigoureuse des patients, phase de « run in » à la suite de laquelle sont évincés les patients réagissant peu ou mal au traitement, etc.1) et avec une durée de plus en plus courte (cf les essais cliniques des inhibiteurs de PCSK9, permettant la mise sur le marché de ceux-ci et dont certains n’ont duré que… 12 semaines !) ne permettant plus d’en diagnostiquer les effets secondaires dont certains se produisent après plusieurs années de traitement.
Cela démontre aussi le manque de moyens de la pharmacovigilance dont seulement 5 à 6 % des effets indésirables sont remontés2.
Je l’ai constaté lors de ma déclaration des effets indésirables des statines pour laquelle j’ai dénoncé un état de fatigue avancé (qui est un effet secondaire reconnu des statines), mais aussi un état dépressif profond. Il m’a été répondu que ce dernier n’étant pas un effet secondaire connu des statines, il ne serait pas pris en compte.
Déjà que toutes les instances médicales se foutent complètement des effets secondaires connu (le fameux rapport bénéfice/risque clinique), si en plus elles ne prennent pas en compte les effets secondaires non encore déclarés !

Déclaration d ‘effet secondaire : Monsieur X est décédé des suites de la prise du médicament Y
Réponse de la pharmacovigilance : Désolé, ce n’est pas un effet secondaire connu.

Et c’est ainsi que l’on en arrive à des scandales sanitaires tels que le Mediator, la depakine, le Vioxx, etc.3

 

 

1 Maladies cardiovasculaires, cholestérol et statines : Généralité sur les essais cliniques des médicaments
2 Pourquoi Docteur : Pharmacovigilance : La France ne s’est pas donnée les moyens d’avancer
3 Maladies cardiovasculaires, cholestérol et statines : La guerre des labos pharmaceutiques contre notre santé

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