Trial STAREE

Titre officiel :

Atorvastatin, Cardiovascular Events, and Disability-free Survival in Older Adults

Date de publication :

28 août 2026

Durée :

5,9 années

Sponsor :

L’étude était fiancée par The National Health and Medical Research Council,  the Heart Foundation of Australia et par Monash University.

Conflits d’intérêts :

Aucune rémunération directe concernant cette étude, par contre la plupart des protagonistes de cette étude étaient rémunérés par des industries pharmaceutiques produisant des statines[1].

Participants :

Le choix des participants a été effectué parmi des adultes de 70 ans ou plus qui vivaient de manière autonome et n’avaient pas d’antécédents de maladies cardiovasculaires, de diabète, de démence ou d’autres conditions limitant la vie. Donc étude en prévention primaire.

On peut noter qu’une sélection rigoureuse des patients a été effectuée puisqu’il s’agit d’une population soigneusement sélectionnée, suivi régulièrement par un médecin et en bonne santé physique et morale.

Au total, 9 971 participants ont été inscrits : 4 984 ont été affectés à la réception de l’Atorvastatine et 4 987 pour recevoir le placebo. L’âge moyen des participants était de 74,7 ± 4,5 ans, et 51,9 % étaient des femmes.

Interventions :

  • 20 mg de médicament (Atorvastatine), pour une dose totale de 40 mg après la période de dosage de 4 semaines
  • Placebo

Sources :

NEJM : Atorvastatin, Cardiovascular Events, and Disability-free Survival in Older Adults

Quelques réflexions concernant cette étude clinique :

L’étude comprenait une phase de « Run in » d’une durée de quatre semaines au cours de laquelle tous les participants, y compris ceux de la branche Placebo, était mis sous statines (Pour les deux groupes, la dose initiale était d’un comprimé par jour pendant 4 semaines, avec une augmentation à deux comprimés par jour si le profil de sécurité était acceptable.). Autrement dit, seuls ceux qui supportent les statines sont inclus dans l’essai. Pratique pour minimiser les effets secondaires…

Les deux points finaux principaux étaient un composite de décès par cause cardiovasculaire comprenant infarctus du myocarde non mortel ou accident vasculaire cérébral, revascularisation coronaire et un composite de décès de toute cause, démence ou incapacité physique persistante (une mesure de survie sans incapacité).
Les points finaux secondaires prédéfinis comprenaient un composite de décès par causes cardiovasculaires, par infarctus ou accident vasculaire cérébral non mortel, infarctus du myocarde mortel ou non mortel, accident vasculaire cérébral mortel ou non mortel, revascularisation coronaire, toute revascularisation artérielle, décès de quelque cause que ce soit, démence, handicap physique persistant et hospitalisation pour quelque cause que ce soit.
Toujours cette manie de multiplier les critères. Plus on augmente les critères, plus le résultat d’efficacité est élevé. Par contre, à l’instar des pourcentages relatifs, cette pratique n’est pas utilisée pour les effets secondaires. Comme quoi…

Des statines ouvertes pourraient être prescrites à la discrétion du clinicien traitant habituel : c’est-à-dire que des patients du groupe statines pouvaient changer de statines et que des patients du groupe placebo pouvaient être mis sous statines si les conditions l’exigeaient (MCV, AVC, etc.). L’étude prévoyait que 8 % des patients sous statines cesseraient leur traitement la première année et qu’ensuite ce serait 3 % par ans. Pour ce qui est de la branche placebo, l’étude prévoyait que 1 % des patients remplaceraient le placebo par une statine, ce chiffre passant à 3 % les années suivantes. Les patients restant dans leurs branches respectives d’affectation initiales.

Au sujet des critères de points finaux primaires et secondaires, l’étude reconnaît que La stratégie adoptée pour ces critères ne correspond ni à la définition des critères « co-principaux » utilisée par la FDA et l’EMA2 (qui exigent la démonstration d’un effet du traitement sur les deux critères), ni aux exemples d’usage du terme « double critère principal » (pour lequel la démonstration d’un effet du traitement sur l’un des deux critères suffit). Les définitions de la FDA et de l’EMA relatives aux critères co-principaux et aux doubles critères principaux reposent sur une vision dichotomique de l’essai clinique — considéré comme « réussi » ou « non réussi » — souvent nécessaire dans le cadre des procédures réglementaires d’approbation des médicaments.. Il semblerait donc qu’ils se soient écarté du code de bonne conduite édicté par la FDA et l’EMA, ce qu’ils justifient par : une hiérarchisation a été adoptée : les événements cardiovasculaires majeurs étaient évalués en premier lieu et la survie sans incapacité n’était testée qu’après la mise en évidence d’un effet sur les événements cardiovasculaires.

A la fin de l’étude (celle-ci a durée 5,9 année), il ne restait plus que 1324 personnes dans la branche statines (sur 4 984) et 1064  dans la branche placebo (sur 4 987) ; au bout de 8 années il n’était plus que 238 et 179 dans les branches statines et placebo respectivement.

Effets secondaires indésirables :

L’étude ne laisse pas apparaître de différences significatives au niveau des effets secondaires, mis à part une augmentation dans la branche statines des troubles hépatobiliaires (3,3 % vs 0,9 %), des troubles musculo-squelettiques et tissus conjonctifs (32 % vs 29,4 %), des événements indésirables cliniquement importants (1,4 % vs 0,3 %) ainsi que, bien évidemment, des cas de diabète (4 % vs 2,7 %).

Efficacité de la statine testée dans le cadre de cette étude :

Efficacité STATINE vs Sans Statines
% d’efficacité absolue sur 3 ans% d’efficacité absolue annuelleNNH/NNT annuel(*)
Décès par cause cardiovasculaire, infarctus du myocarde non mortel ou accident vasculaire cérébral, ou revascularisation coronarienne: point final primaire2,3%0,39%256
Décès par causes cardiovasculaires ou infarctus du myocarde non mortel ou accident vasculaire cérébral1,58%0,27%373
Décès par cause cardiovasculaire0%0 %
Infarctus du myocarde fatal ou non mortel1,76%0,30%335
Infarctus du myocarde non mortel1,06%0,18%556
AVC fatal ou non mortel0,32%0,05%1847
AVC non fatal0,48%0,08%1229
Toute revascularisation artérielle1,88%0,32%313
Revascularisation coronaire1,60%0.27%368
Décès de toute cause, démence ou handicap physique persistant: point final primaire0,77%0,13%762
Décès de toute cause0,76%0,13%779
Démence-0,20%-0,03%2892
Une déficience physique persistante0,40%0,07%1474
Hospitalisation pour toute cause0,51%0,09%1161

NNH : Number Needed to Harm, c’est-à-dire le nombre de personnes à traiter (annuellement dans ce tableau) pour observer un évènement négatif (effet indésirable nuisible ou décès).
NNT : Number Needed to treat, c’est-à-dire le nombre de personnes à traiter (annuellement dans ce tableau) pour observer un évènement positif.

Le tableau parlant de lui-même, je n’ai que peu de commentaires à faire. Juste une remarque sur la mortalité cardiovasculaire que les statines n’ont absolument pas réduite, ce qui est un comble…

En conclusion :

Je citerais juste la critique de Dr John Mandrola[2], électrophysiologiste cardiaque à Louisville (Etats-Unis) et dont je trouve les réflexions généralement très pertinentes : les médecins n’ont guère besoin d’intervenir dans la décision relative à la prise de statines. Ces médicaments devraient être en vente libre, afin que les patients puissent décider, avec leur propre argent, s’ils souhaitent prendre plus de 2000 comprimés sur 6 ans pour réduire de quelques pour cent les événements cardiaques…
Absolument rien à y rajouter !


Dernière modification : 2026-09-07