Ces nouvelles recommandations, décidées principalement par l’American College of Cardiology (ACC) et l’American Heart Association (AHA) dont les relations avec les labos ne sont pas exemptes de conflits d’intérêts1, préconisent d’instaurer beaucoup plus tôt et de manière plus intensive le traitement de l’hyperlipidémie afin de réduire le risque de maladie cardiovasculaire2.
Pour ce faire, ces recommandations s’appuient sur un calculateur de merde de risque cardiovasculaire (PREVENT)3 pour la prévention primaire.
Ben oui, parce que si vous avez déjà eu des problèmes cardiovasculaires, il n’y a pas à transiger : on vous colle direct des statines à hautes doses. Avec éventuellement un zeste d’ézétimibe ou d’inhibiteur de PCSK9 afin de faire bonne mesure.
Pour en revenir à ce fabuleux calculateur (j’en parlais déjà ici), celui-ci s’appuie sur des éléments tels qu’âge, sexe, les niveaux de cholestérols (on ne s’en sortira jamais…), diabétique ou non, fumeur ou non, plus d’autres éléments dont la pertinence m’interroge.
Par exemple la tension.
Le bon sens voudrait que si quelqu’un a une tension un peu élevée, on lui donne d’abord des hypotenseurs, et non pas des statines. Mais il est vrai que le bon sens est incompatible avec les profits des labos pharmaceutiques, donc on prescrit d’abord des statines, ensuite des hypotenseurs !
Il y a aussi le BMI (Body Mass Index, soit IMC en français), dont tout le monde sait qu’il n’est absolument pas pertinent et dont la fiabilité est régulièrement remise en question4.
J’ai fait divers tests, mais quels que soient les paramètres concernant le cholestérol, l’IMC et autres, l’âge étant le facteur déterminant, dès que l’on dépasse 50 ans, vous êtes éligible aux statines. Ce peu importe la valeur des autres paramètres.
Bref, encore un calculateur de merde que, hélas, plusieurs centaines de millions de médecins vont utiliser et qui va permettre de fourguer des statines à quelques centaines de millions de patients supplémentaires.
Plus le plus grand bonheur des fabricants de ces dernières…
Le plus paradoxal étant que dans ce long document, suite à la recommandation de prescription de statines, plusieurs paragraphes évoquent l’amélioration de l’hygiène de vie afin réduire les maladies cardiovasculaires (activité physique, alimentation méditerranéenne, etc.).
N’eut-il pas été préférable de commencer par ces point cruciaux qui sont réputés comme étant extrêmement efficaces (et surtout sans effets secondaires…) plutôt que balancer des statines d’abord, et évoquer éventuellement ces points ensuite ?
Le problème étant que sport et nutrition ne sont pas quantifiables aisément, que ça ne fait pas baisser le cholestérol (malgré une efficacité conséquente et prouvée sur la réduction des MCV) mais, surtout, que ça ne remplit pas les poches des labos !
1Maladies cardiovasculaires, cholestérol et statines : Entre 2011 et 2015, ce ne sont pas moins de 96 associations, sociétés savantes et autres organisations impliquées dans la santé publique – et non des moindres – qui ont bénéficié des largesses de Coca Cola et Pepsi Cola
2JACC : 2026 ACC/AHA/AACVPR/ABC/ACPM/ADA/AGS/APhA/ASPC/NLA/PCNA Guideline on the Management of Dyslipidemia
3The American Heart Association : Online Calculator
4National Geographic : L’IMC est-il encore une mesure fiable ?