La mutualisation de la recherche et la privatisation des gains

Je veux parler du Téléthon.

Déjà, à la base, je trouve inadmissible que la recherche contre certaines maladies rares soit financée par la charité. Mais nous vivons une époque formidable où les dirigeants de la plupart des pays préfèrent financer des guerres dont personne ne veut, mais qui satisfont leurs égos et accroissent les bénéfices des marchands d’armes, plutôt que consacrer tout cet argent à des causes plus nobles (éducation, santé, recherche…).

Il faut savoir qu’en 2022 les dépenses militaires mondiales ont dépassé les 2 240 milliards de dollars en 20221. La France, n’étant pas en reste, se situe en 8ᵉ position avec 56,8 milliards d’euros de dépenses militaires, légèrement moins que l’éducation (77,8 milliards), mais 9 fois plus que pour les retraites (6,1 milliards) et 43 fois plus que la santé (1,3 milliard)2.

Apparemment, il serait plus glorieux pour ces gens de consacrer un budget conséquent pour massacrer des gens, que d’utiliser cette somme pour les soigner, les éduquer ou leur assurer une vie de vie heureuse…

Mais je m’égare, je m’égare !

Revenons à notre Téléthon. Celui-ci a créé une structure appelée Généthon, chargé d’étudier la conception, le développement et la production de médicaments de thérapie génique pour les maladies rares. Cette structure est financée à partir des dons du Téléthon.

Jusqu’ici, tout va bien. C’est maintenant que tout part en vrille !

Ce laboratoire a développé une molécule prometteuse contre l’amyotrophie spinale (SMA)3. Quelque temps après, Généthon signait avec AveXis (une start-up américaine) un accord de licence portant sur les brevets de cette molécule pour le traitement de la SMA aux États-Unis, en Europe et au Japon. AveXis obtenait ainsi les droits nécessaires à la commercialisation de son produit, en attendant l’accord de la FDA.

En mai 2018, la start-up AveXis était rachetée par la multinationale suisse Novartis pour 8,7 milliards de dollars, soit 7,4 milliards d’euros. Novartis Gene Therapies, a reçu l’agrément de la FDA pour commercialiser ce médicament au prix de pharamineux de 2,125 millions de dollars l’injection unique (soit environ 1,9 million d’euros).

Oui, vous avez bien lu le prix : 2,125 millions de dollars la dose !

Je n’ai pas réussi à trouver le prix de sa commercialisation en France ou en Europe, mais connaissant la cupidité des labos pharmaceutiques, cela m’étonnerai beaucoup qu’il soit vendu à un prix inférieur…

Donc, nous avons un produit dont la recherche a été financé en grande partie grâce à la générosité de particuliers, et qui se retrouve vendu à un prix délirant afin d’engraisser une multinationale ainsi que ses actionnaires. Et que l’on ne vienne pas me dire que le prix de vente de ce produit est dû à ses coûts de production, le prix étant fixé non pas en fonction des coûts de revient, mais surtout en fonction de ce que les organismes de santé sont prêts à payer4.

La pratique est encore plus flagrante pour certains médicaments anticancéreux, dont le prix sont anormalement élevés pour une efficacité souvent plus que douteuse5, le tout sans quasiment aucun contrôle. Certains labos effectuant même du chantage à la pénurie afin de négocier une augmentation de prix pouvant aller jusqu’à 1500 %6, sans compter de nombreuses autres magouilles, toujours dans le but de majorer indûment les prix de vente7

J’espère qu’il n’y a pas que moi que ça choque…