Les statines et l’augmentation inquiétante des cas de SLA

Je ne sais pas si vous connaissez la SLA (Sclérose latérale amyotrophique) ou maladie de Charcot. C’est une maladie neurodégénérative grave caractérisée par un affaiblissement puis une paralysie des muscles des jambes et des bras, des muscles respiratoires, ainsi que des muscles de la déglutition et de la parole. Il n’existe pas de traitement curatif de celle-ci et son issue est hélas fatale à plus ou moins long terme. La personne la plus emblématique en ayant été atteinte est le physicien Stephen Hawking, décédé depuis peu.

Une étude prospective récemment publiée1 et dont l’auteur principal se trouve être Beatrice Golomb (une sommité dans le domaine des statines et du cholestérol) à analysé les données du système américain de déclaration des événements indésirables (FAERS) et celles-ci démontrent que les statines augmentent le risque de SLA et pas qu’un peu, jugez-en :

Augmentation du risque de SLA (Sclérose latérale amyotrophique) en fonction des différentes statines :
StatineRORIntervalle de confiance
Rosuvastatine (Crestor)9,09 (809 %)6,57 – 12,6
Pravastatine (Elisor, Vasten)16,2 (1 502 %)9,56 – 27,5
Atorvastatine (Tahor)17,0 (1 600 %)14,1 – 20,4
Simvastatine (Zocor, Simvax, Lodales)23,0 (2 200 %)18,3 – 29,1
Lovastatine (non commercialisée en France)107 (10 600 %)68,5 – 167

Concernant les études prospectives, il est souvent dit que l’association ne signifie pas la causalité, cependant ceci n’est vrai que jusqu’à un certain point. La plupart des statisticiens sont d’accord qu’un odds ratio (ROR) > 6 représente une preuve de causalité. Aussi lorsque que l’on constate que les personnes prenant de l’atorvastatine ont dix-sept fois plus de risque de SLA, celles prenant de la simvastatine jusqu’à 23 fois et jusqu’à 107 fois plus de risque avec la lovastatine, c’est indéniablement une preuve de causalité car l’effet est trop important pour être dû à autre chose.

Pourquoi ceci n’a jamais été signalé jusqu’à présent ?
Quelques amorces d’explication : le rapport nombre de nouveaux cas de SLA versus nombre de médecins généraliste fait qu’un médecin verra en moyenne un cas de SLA tous les 15 ans, soit 2 pour l’ensemble de sa carrière, il faudra donc qu’il soit extrêmement perspicace pour faire le lien avec la prise de statines ; ensuite l’état de la pharmacovigilance française qui est pour ainsi dire catastrophique, voire inexistante ! Les effets secondaire indésirables ne sont pour ainsi dire pratiquement jamais remontés (méconnaissance des patients, blocage des médecins…) et lorsqu’ils le sont, leur petit nombre fait que personne ne s’en soucis. Quant aux effets secondaires indésirables dans les essais cliniques, une sélection rigoureuse des patients minimise leur apparition et bien souvent ils ne sont que très peu étudiés et signalés. En outre, quel rigueur ou exhaustivité peut avoir un essais clinique de 2 ou 3 ans face à des maladies qui mettent plusieurs décennies à se développer ?

Pour être plus concret, combien de personnes développeront une SLA en France à cause des statines  ?
J’ai tenté d’en faire un calcul (très approximatif, je le concède…). N’ayant pas trouvé de chiffres récents concernant les patients français sous statines, je me suis basé sur un document de l’assurance maladie2 datant de mi-2013 et qui fait état de 6,4 millions de patients sous statines avec une augmentation de 1 million par an. Nous sommes mi-2018 et ça nous fait donc 5 millions de patients en plus, soit 11,4 millions au total.
Les nouveaux cas de SLA étant d’environ en moyenne de 2 cas pour 100 000 personnes par an3, sur 50 millions d’adultes que compte a France, ça nous fait donc (50 000 000 /100 000)*2 = 1 000 personnes susceptibles de développer une SLA. À la louche, en prenant un ratio moyen de 20, ça nous donne donc 20 000 personnes au total. C’est-à-dire qu’en France, nous avons annuellement 19 000 personnes supplémentaires qui seraient susceptibles de développer une sclérose latérale amyotrophique suite à la prise de statines.

Tout ça à cause d’un médicament qui ne sert quasiment à rien.

Enfin, si… Comme dans le cas de l’aggravation des cancers due aux statines, c’est tout bénef pour l’industrie pharmaceutique qui non seulement vous aura fourgué pendant de longues années un médicament de merde qui ne sert à rien, mais en plus se fera un plaisir de gagner encore plus d’argent en vous fourguant des produits pour soi-disant traiter une maladie qu’elle aura elle-même provoqué et pour laquelle il n’existe aucun traitement curatif !

La santé est un business comme un autre, peut-être même pire…

 

7 réflexions au sujet de “Les statines et l’augmentation inquiétante des cas de SLA”

  1. Bonjour,
    Pour ma part :
    2005 —-> infarctus et mise sous statines
    2007 —-> trouble de l’élocution, de la déglutition et rapidement de la marche.
    2009 —-> j’apprends que je suis atteint d’une maladie neuro-dégénérative
    2010 —-> il s’agit d’une Sclérose Latérale Primitive (SLP), une maladie cousine de la SLA ayant les mêmes conséquences à la différence qu’elle n’aurait pas d’incidence sur l’espérance de vie … mais de médicament pour la soigner.
    2018 —-> vu, sur la chaîne de TV ARTE, un documentaire sur le scandale du traitement du cholestérol où l’on parle de l’étude faussée volontairement par son auteur en écartant des résultats qui allaient à l’encontre de l’objectif suivi qui était de démontrer le lien entre un fort taux de cholestérol et les décès ainsi que le cas d’une femme qui, ayant cessée de prendre des statines, a pu quitter son fauteuil roulant et reprendre à marcher avec des soins de kiné.
    Cela à déclencher chez moi des recherches sur internet. Beaucoup de littératures anglo-américaines et même avec la traduction, c’est beaucoup de termes techniques que je ne maîtrise pas. J’ai tout de même compris que les statines passent la barrière protectrice du cerveau et perturbent son fonctionnement. Je poursuis mes recherches jusqu’à ce que je découvre un guide SLA de « janvier 2007″ de la Haute Autorité de Santé (HAS) où je découvre ce paragraphe :

     » Traitements contre-indiqués
    ● Certaines molécules pourraient avoir un effet aggravant sur lévolution de la maladie.
    ● Leur prescription est déconseillée ou à réévaluer chez les patients atteints de
    SLA : anabolisants, statines, corticoïdes au long cours, anticholinestérasiques. »

    Armé de ce guide, je le montre à ma neurologue qui m’invite à en parler à mon médecin, ce que je fais. Il m’arrête aussitôt ce médicament et je demande l’avis d’un cardiologue qui ne m’en dissuade aucunement.
    Depuis janvier 2019, j’ai arrêté de prendre des statines.
    Bilan : certaines douleurs musculaires ont disparu mais mon état de santé ne s’est pas amélioré. Les moto-neurones détruites le resteront ce qui a pour conséquence qu’aujourd’hui je suis en fauteuil roulant électrique et je ne peux plus faire seul tous les actes nécessaires de la vie.
    Je suis partagé entre la colère envers tous les médecins qui me suivent et qui n’ont pas appliqué les recommandations de l’HAS et leur trouver des excuses car ils ne peuvent pas tout connaître sur toutes les maladies et qu’en plus celle-ci est rare parmi les maladies orphelines et qu’elle n’intéresse pas les laboratoires pharmaceutiques car trop peu de « clients » potentiels.
    La vente des statines est une mine d’or que les labos ne sont pas prêts à abandonner j’usqu’à influencer la baisse du seuil du cholestérol les gouvernants via les organismes gouvernements et médicaux dont les experts sont à leur botte.
    C’est un scandale sanitaire, un de plus.
    Cdlt

    • Merci pour ce témoignage édifiant.
      Comme je l’explique dans mon article, les cas de SLA étant relativement peu fréquents (heureusement d’ailleurs…), il me semble peu probable que quelqu’un se penche sur cet effet secondaire des statines. On ne peut d’ailleurs que constater le manque d’intérêts que portent les instances médicales aux effets secondaires nettement plus fréquents, ces dernières estimant aveuglément le ratio risque/bénéfice favorables aux statines…
      Je suis entièrement d’accord avec vous, c’est un scandale sanitaire de plus, mais il est notoire que les objectifs des labos ne sont absolument plus la santé des patients, mais bien de vendre du médicament. Et ce peut importe les effets secondaire, même si ceux-ci mettent en jeu la vie des patients. De toute façon, en cas de procès, ils nieront tout en bloc, puis laisseront filtrer qu’ils n’étaient pas au courant et au pire, au bout d’une dizaine d’années cela fera simplement l’objet d’une ligne de provision sur leur bilan financier…
      Pendant ce temps-là ils continueront de vendre non seulement le médicament incriminé, mais en plus d’autres pour compenser les effets secondaires de celui-ci.
      Il ne faudrait surtout pas perturber leur business…

  2. Bonjour , j’ai 68 ans j’ai été diagnostique SLA il y a 2 ans maintenant aujourd’hui j’ai de grave difficultés à manger , alors on ma posé une sonde gastrique avec tous les inconvénients et comme ça ne suffisais pas j’ai aussi des difficultés à respirer donc la nuit j’ai une machine pour respirer et je prenais Pravastatine depuis 1975 et j’ai arrêté en 2010 donc 35 ans d’un médicament qui ne sert qu’a engraisser les laboratoires .

  3. Bonjour

    Ma maman à une SLA diagnostiquée depuis quelques mois .. pour information elle est sous statines depuis l’age de c’est 50 ans, elle a aujourd’hui 72 ans, donc 22 ans sous traitement avec en plus ( merci à son médecin) des prises repas tout allégé…

    – voilà les dégâts (peut-être) due à cette pourriture de médicament et la peur phobique d’avoir un cholestérol haut …

    – je ne suis pas médecin chacun son métier mais il faudrait vraiment que les médecins arrivent à un moment d’avoir la sensibilité et la courtoisie de se remettre en question.

    effectivement un scandale sanitaire mondiale n’est pas loin …

    • La santé étant un business comme un autre (voire même pire), il faut créer des malades afin de pouvoir vendre encore plus de médicaments. Comme le disait le fameux Dr Knock : « Tout homme bien portant est un malade qui s’ignore… »

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