Quand un milliardaire l’ouvre alors qu’il ferait mieux de la fermer!

Revoilà donc le milliardaire Bill Gates qui prend la parole1 dans un article de la BBC afin de faire la promotion de son livre intitulé « Comment éviter une catastrophe climatique » (How to Avoid a Climate Disaster).
Je suis sidéré quant à cette propension à donner la parole à certaine personne qui, sous prétexte qu’ils sont fortunés, seraient plus à même de nous aider nous, pauvres péquins moyens, à résoudre les problèmes qu’ils ont d’ailleurs eux-mêmes plus que fortement contribué à créer…

En effet, il me semble que ce monsieur à vraiment la mémoire courte.

Quelques points marquants :

Concernant Microsoft, je rappellerai certaines nouvelles versions de Windows qui obligeaient quasiment systématiquement le remplacement des ordinateurs existants2, les pratiques anticoncurrentielles diverses et multiples destinées à verrouiller le marché des systèmes d’exploitation sur PC3 ainsi que les actions de lobbying que ce soit au niveau Européen4 ou Français (je n’ai pas trouvé de chiffre, mais je ne me fais aucune illusion…), ou encore les accords secrets (l’armée Française5) autant que véreux (l’éducation nationale6) toujours afin d’écarter toute concurrence.

Quant à la fondation de ce sinistre individu, j’engage le lecteur à se référer à la série d’article que j’avais écrit en 2018 sur la fondation Bill & Melinda Gates7.
Loin des discours des discours vertueux de celle-ci, j’y démontrais la face cachée et sombre de celle-ci :

  • Ses placements financiers (qui d’ailleurs lui rapportent énormément : 762 millions d’euros en 20188…) sont investis, pour beaucoup, dans grand nombre d’industries polluantes, coupables de malversations financières, peu regardantes sur les droits des travailleurs locaux et j’en passe. On pouvait même y trouver des investissements dans des usines d’armement. Je n’ai pas réussi à trouver la liste des investissements pour 2019, mais celle de 2018 comportaient peu ou prou les mêmes sociétés pourvoyeuses de malbouffe, condamnées pour atteinte à l’environnement, malversations diverses ou atteinte aux droits des travailleurs, ainsi que, bien évidemment, encore et toujours des entreprises d’armement.
  • Plusieurs des actions de cette même fondation étaient pour le moins discutables. Je rappellerai le scandale de l’affaire Gilead au Cameroun concernant les tests d’un médicament antiviral utilisé contre le sida sur des prostitués camerounaises9, ou encore les accords entre cette fondation et Monsanto (Bayer, maintenant…) afin d’implanter leurs semences OGM en Afrique10 auprès des paysans, semences poussant à grand coup de pesticides et que ces derniers n’auront de toutes façons pas les moyens d’en financer le renouvellement.

Pour en revenir au personnage de Bill Gates, parlons tout d’abord de sa fortune. Celle-ci est gérée par la même société d’investissement que sa fondation (Cascade Investment LLC) et appartient à… la fondation Bill & Melinda Gates11. Celle-ci gère donc les actifs de Bill Gates de la même façon, c’est-à-dire avec les mêmes prétentions de rendement élevée et les mêmes manquement à l’éthique. Peut-on se prétendre bienfaiteur de l’humanité (voire sauveur…) tout en investissant dans des entreprises d’armement ? N’y aurait-il pas là comme l’amorce d’un sérieux problème d’éthique ?

En outre, celui-ci se vante dans cette interview d’être en pourparler pour racheter la plus grande société de services pour jets privés (finalement rachetée par GIP [Global Infrastructure Partners]), lui qui est déjà classé comme l’un des plus gros pollueurs de la planète selon une étude élaborée par l’université Lund en Suède12… Oui mais attention, son jet privé (un Bombardier BD-700 Global Express à 33 millions d’euros quand même et qui consomme en une heure de vol autant de carburant que mon véhicule en 30 ans…) fonctionne aux biocarburants. Il est tellement évident que monopoliser des centaines de millions d’hectares de terres cultivables afin de produire du carburant, à grand coup de déforestation et de pesticides, va certainement sauver la planète ! Comme quoi on peut être un milliardaire doublé d’un parfait abruti.

N’oublions pas non plus ses présences régulières au forum de Davos13. L’endroit où les plus riches, les plus gros industriels, les plus gros financiers (et donc les plus gros pollueurs…) de la planète se réunissent, à grand coup de jets privés, de transits en hélicoptères et en grosses limousines de luxe14 afin de réfléchir ensemble comment gouverner le monde et dicter les règles qui prouvent que ce serait à nous, pauvres petits habitants de la planète Terre, de faire extrêmement attention afin qu’eux-mêmes puissent continuer à se pavaner dans leurs jets privés ou leurs yachts de luxe et à détruire encore plus la planète…

Pour en terminer avec ce guignol, si l’on considère son train de vie global et son niveau de pollution qu’il génère, il ne doit pas être loin d’en produire en une journée autant que quelqu’un comme moi en une dizaine d’années !

Donc oui, je confirme que Bill Gates n’est qu’un charlatan de la pire espèce et que ce sinistre individu ferait mieux de la fermer.

Que voulez-vous, je n’aime pas du tout que l’on me prenne pour un imbécile…

Pour terminer, je rappelle ce qu’en disait Bruno Gaccio dans sa chronique du 10 janvier 2012 sur France Inter15 :

  • Déjà, dire « Il a donné sa fortune à sa fondation », c’est un abus de langage, il faudrait dire : « Il a placé les 50 milliards de dollars de sa fortune dans la branche financière de la Bill Gates Foundation qui spécule comme une bête et qui ne se sert que des bénéfices tirés de cette spéculation pour faire le bien de l’humanité »
  • Si la branche caritative de la fondation Bill Gates soigne les maux créés par la branche investissement de la fondation Bill Gates, tout rentre dans l’ordre. Avec le bénef des armes, ils construisent des hôpitaux pour ceux qui ont pris des bombes sur la tête.
  • Le système Bill Gates, c’est je te fous des coups de marteaux sur la tronche, après je te vends de l’aspirine pas cher et j’achète 20 % du labo qui fabrique l’aspirine

 

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