Généralité sur les éssais cliniques des médicamentsdown

Les études cliniques sont une étape cruciale dans le développement et la commercialisation d'un médicament. D'abord, elles sont obligatoires puisque aucun médicament, breveté ou générique, ne peut être commercialisé sans avoir été testé chez des sujets humains. De plus, c'est à l'étape des études cliniques que l'on peut mesurer la véritable efficacité et innocuité du médicament et, par conséquent, son potentiel de commercialisation. Ces études sont souvent effectuées après des études expérimentales non-cliniques (sur des modèles animaux ou cellulaires) pour confirmer leur pertinence et leur sécurité.
Les essais cliniques se divisent en quatre phases :
  1. Phase 1 : Essais sur volontaires sains pour juger de la sécurité d'emploi du médicament
  2. Phase 2 : Essais sur des petits groupes de malades pour analyser l'activité du futur médicament en termes d'effets dose-réponse
  3. Phase 3 : Essais multicentriques qui permettent de confirmer l'efficacité du médicament comparativement aux traitements existants ou à un placebo
  4. Phase 4 : Essais effectués après la délivrance de l'autorisation de mise sur le marché, réalisés dans des conditions proches de la médecine de ville
Entre la découverte d'une molécule et la dernière phase de test précédent sa commercialisation, il peut se passer entre 10 et 15 ans. Ce qui signifie que l'investissement pour un labo est conséquent et donc celui-ci souhaite un résultat à coup sûr afin de rentabiliser les quelques centaines de millions d'euros (ou de dollars) investis.

Ce qui peut parfois (souvent...) mener à certaines dérives

D'ailleurs, même le très sérieux British Medical Journal (BMJ) se pose la question : « Doit-on continuer à publier les études financées par l'industrie pharmaceutique ? »[6] Ce qui laisse entrevoir l'étendu du problème !

Les biais dans les études cliniques

Les possibilités de biais dans les études cliniques peuvent être multiples :

Les labos trichent aussi lors de la publication des résultats

Concernant les résultats des études, seuls les résultats finaux (communiqués par les labos) sont bien souvent repris dans de nombreuses publications. Ainsi, on peut lire en boucle que telle nouvelle molécule révolutionnaire possède 20% d'efficacité et est "le remède ultime" contre telle maladie.
Déjà l'efficacité est exprimée en pourcentage relatif et comme je l'ai expliqué précédemment (voir page Pourcentages relatifs / absolus), rien ne peut être plus trompeur (et avantageux pour les labos) que ce mode de calcul.
Ensuite il convient de décortiquer soigneusement toute l'étude afin de découvrir tout ce qui n'est pas cité dans la conclusion : les effets secondaires trop importants qui font que de nombreuses personnes quittent l'étude, les résultats nettement moins performant qui sont masqués (comme dans le cas de l'ézétimibe : légèrement moins de décès par maladies cardiovasculaires, mais plus d'AVC, ou de cancers... ce qui fait que la mortalité globale est plus importante !). On y découvre même des perles, comme par exemple (il faudrait que je retrouve l'étude dans laquelle j'y ai vu ce passage...) : Dans le cadre de cette étude, notre médicament n'a pas fait preuve d'efficacité vis-à-vis des maladies cardiovasculaire, mais comme d'autres études ont démontré le contraire, on peut dire que ce nouveau produit est une avancée importante pour la prévention des maladies cardiovasculaires.... Si, si, je vous jure que je l'ai lu dans le compte-rendu d'une étude !

Si vous souhaitez approfondir les aspects des essais cliniques (et leurs biais !)

je vous propose deux articles très intéressants sur ce sujet :
  1. La vérité sur le cholestérol : Les pièges des essais cliniques - Les comprendre
  2. Wikipédia : Essai clinique