Trial LIPID

Titre officiel :

Long-Term Intervention with Pravastatin in Ischaemic Disease

Date de publication :

05 novembre 1998

Durée :

6,1 ans

Participants :

Nous avons recruté un total de 9014 patients, de 31 à 75 ans, sur 87 centres — 67 en Australie et 20 en Nouvelle-Zélande. Les patients étaient admissibles s’ils avaient eu un infarctus aigu du myocarde ou avaient un diagnostic à leur sortie d’hôpital d’angor instable entre 3 et 36 mois avant le début de l’étude. Les patients ont suivi une phase de huit-semaine en aveugle, contrôlée par placebo au cours de laquelle ils ont reçu des conseils diététiques visant à réduire leur consommation de graisse à moins de 30 pour cent de l’apport énergétique total. Pour que les patients soient qualifiés pour l’étude, le taux de taux sérique de cholestérol total mesurée quatre semaines avant la randomisation devait être 155 à 271 mg par décilitre et les triglycérides à jeun inférieurs à 445 mg par décilitre (5,0 mmol par litre). Les critères d’exclusion incluaient un événement médical ou chirurgical cliniquement significatif dans les trois mois avant le début de l’étude, une insuffisance cardiaque, une maladie rénale ou hépatique et l’utilisation actuelle des agents hypocholestérolémiants.

Sponsor :

Bristol-Myers Squibb

Conflits d’intérets :

Non indiqués (ce qui ne signifie aucunement qu’il n’y en a pas…).

Interventions :

  • 40 mg of PRAVASTATIN (Pravacol)
  • Placebo

Sources :

NEJM – Prevention of Cardiovascular Events and Death with Pravastatin in Patients with Coronary Heart Disease and a Broad Range of Initial Cholesterol Levels

Quelques réflexions concernant cette étude clinique :

Si l’on cherche un peu plus loin que le blabla habituel et les résultats forcéments flateurs (et jamais reproduits depuis l’affaire du Vioxx), on peu noter quelques points intéressants :

  • D’après les critères de sélection des patients, les auteurs de l’étude ont volontairement éliminé ceux ayant une forte possibilité d’effets secondaires due aux statines, notamment ceux ayant une maladie rénale ou hépatique.
  • On peut noter aussi que les auteurs estiment que les résultats de l’étude sont probablement sous-estimés : Il est également possible que nos patients étaient à risque moins élevé que la population générale des patients avec infarctus du myocarde ou d’angor instable. Le taux de décès par maladies coronariennes chez les patients assignés pour recevoir le placebo n’était que de 1,4 % par an, par rapport au taux de 2 % par année, ce qui était attendu initialement. En général, si le taux d’événements est plus élevé chez les patients qui choisissent de ne pas s’inscrire dans les essais, on peut donc s’attendre à un plus grand bénéfice absolu, en supposant un effet relatif similaire de traitement. Par conséquent, les effets absolus du traitement dans notre étude peuvent sous-estimer de façon significative les effets d’une telle thérapie dans le cas d’une pratique clinique plus large. À l’inverse, l’effet probable d’une politique de traitement anti-cholestérol peut-être moindre dans une communauté où le traitement à long terme est moins respecté.
  • Mais ce n’est pas fini car à la suite de cette belle tirade, les auteurs font référence à un document[1] qui relate les taux d’arrêt des traitements par statines : Sur une durée de 12 mois, 60 % des patients (intervalle de confiance à 95 % [IC], 56-64 %) ont apparemment abandonné leurs médicaments. La moitié des abandons apparents ont eu lieu dans les trois mois et un quart dans le mois suivant le début du traitement. Les principales raisons d’abandon ont été : patients non convaincus d’un besoin de traitement (32 %), faible efficacité (32 %) et des événements indésirables (7 %). Sans commentaires…
  • On continue avec les incohérences : Le traitement par pravastatine était sûr et bien toléré. Les résultats de cette étude confirment ceux d’autres études de grande envergure en ne montrant aucune association entre le traitement anti-cholestérol et le cancer, les décès dus à un traumatisme ou d’un suicide, ou d’autres événements indésirables graves. En particulier, il n’y avait pas d’augmentation du nombre de cancers du sein diagnostiqués chez les femmes affectées de recevoir la pravastatine, ce qui suggère que le taux excessif de cancer du sein dans l’étude CARE était dû au hasard. D’autres données sur la sécurité et les résultats à long terme seront obtenus à partir de suivi continu de notre cohorte de l’étude. Nul part je n’ai trouvé trace d’un quelconque suivi des patients après la fin de l’étude, de plus l’augmentation des cancers du sein dus à la pravastatines ont été largement confirmés par la suite[2] [3] !

Efficacité de la statine testée dans le cadre de cette étude :

Résultats de la statine testée sur la mortalité cardiovasculaire et globale :
PRAVASTATIN Placebo Efficacité PRAVASTATIN vs Placebo
Nombre de participants 4512 4502
Nbre % Nbre % % d’efficacité absolue % d’efficacité absolue annuelle NNT(*) annuel
Décès d’origine cardiovasculaire 331 7,34% 433 9,62% 2,28% 0,37% 267
Décès d’origine coronarienne 287 6,36% 373 8,29% 1,92% 0,32% 317
Décès toutes causes 498 11,04% 633 14,06% 3,02% 0,50% 202

(*)NNT : Number Needed to Treat, c’est à dire le nombre de personnes à traiter (annuellement dans ce tableau) pour éviter un évènement.

En conclusion :

Annuellement, selon ce test, avec un NNT de 267, 317 et 202, il a été traité inutilement 99,63%, 99,68 et 99,50% des patients respectivement.